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Christine 2 : Possibles

Aujourd’hui je ne rêve plus, tu es entrée de plein pied dans ma réalité. Le hasard d’un déplacement a fait d’une vague discussion une rencontre espérée de part et d’autre. BOUM, en plein cœur, elle souhaite me rencontrer, mes textes l’ont ému…le pouls s’accélère, sensation oppressante, là autour de mon coeur, difficulté à respirer, est ce simplement possible ? Comment se peut il qu’une telle femme puisse désirer me voir ?

Encore une fois j’entre dans le monde des possibles. Elle dit avoir « beaucoup apprécié tout ce que j’ai pu écrire », elle qui a libéré ma plume. Elle se « souvient de certains messages qui l’ont émue »… Voilà elle me donne son adresse, ses coordonnées… sans masque elle se dévoile simplement, naturellement. Elle qui a tant de succès sur la toile, elle qui a offert aux lecteurs que nous sommes un espace convivial devenu incontournable. Et moi dans tout cela ? Que dois je faire, accepter, refuser… que se passera t il ? De quoi allons nous parler ? Allons nous seulement parler ? Que sera ma vie après… faudra t il a nouveau tout reconstruire ? Si le barrage cède, comment résister à la vague ? Après tout n’est ce pas moi qui lui ai tendu la perche ? Si, bien sur, « Fut un temps où j'aurais certainement fantasmé à l'idée de pouvoir te rencontrer en chair et en os... quoique ce temps n'est peut être pas tout à fait révolu », voilà ce que je lui ai dit tentant le diable, testant par ces mots pas si innocent l’existence d’une relation qui pourrait être.

Alors oui, finalement pourquoi résister, pourquoi avoir peur ? Peur de quoi au juste ? Peur de déplaire, peur de se sentir maladroit ? Peur de n’être que moi-même et non celui qui se cache derrière son clavier ? Crainte de ne plus pouvoir magnifier les mots, juste être moi avec elle. Je suis dans la voiture, j’avale les kilomètres distrait pendant tout le trajet par sa pensée. Je crains qu’une rencontre ne me propulse dans un ouragan que je ne saurais maîtriser. Je suis tenté de la voir, je crois que je suis tenté de la séduire tout simplement car je désire pertinemment qu’elle me séduise. Evidemment je ne fais que rêver, alors à quoi bon se confronter à la réalité ?

Me voilà dans ma chambre d’hôtel, la rencontre, s’il y a rencontre se passera demain. La nuit risque d’être longue. Déjà je l’imagine là avec moi… il suffirait qu’elle frappe à cette porte, je lui tends la main, l’invite à rentrer. Elle dépose sa main dans la mienne, une main aux ongles longs, paré d’un rouge chaleureux, plusieurs bagues illuminent ses doigts d’un or pur. Tout de suite électrique, elle fait quelques pas, je referme la porte, elle me regarde avec un sourire franc, un peu gêné peut être. Je n’ai pas lâché sa main. Je m’approche, me rapproche, passe ma main dans ces cheveux mi longs et l’embrasse délicatement comme l’amant d’une première fois. Je me recule légèrement, son regard trahi une légère surprise, mais le sourire est toujours là, plus doux que jamais.
soupir

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