Le train (vu par elle)

Bientôt dix-huit heures cinquante. Je monte à bord du train qui me ramène chez moi, le coeur battant. J'ai failli manquer notre rendez-vous. Je devais être prêt à dix-neuf heures, voilà qui était un peu juste... Aussitôt les portes franchies, je me dirige vers les toilettes des premières classes, plus grandes, plus propres... Je verrouille la porte derrière moi, suspends ma veste au crochet, déserre ma cravate et la mets diligemment à l'abri dans ma chemise dont je remonte les manches soigneusement... Puis, enfin prêt, les joues roses et le coeur battant, descends la fermeture éclair de mon pantalon et sors mon sexe qui affiche déjà une érection fière...

Déjà ce matin, quelques instants après le réveil, j'avais pensé à elle. À elle et à ses envies plurielles. À elle et aux caresses qu'elle souhaite m'offrir, et auxquelles je voudrais tant m'abandonner. Sous la douche, je n'avais pas su résister à cette envie de me caresser. Le moment a été trop bref, le plaisir, trop expéditif. Néanmoins, la tension était retombée un peu, et je pourrais travailler sans penser à elle, à son visage d'ange, à la douceur de sa peau, à son entêtant décolleté, à son sexe offert...

Enfin, c'est ce que je croyais. Un tout petit message en début d'après-midi a suffi à me rappeler à quel point son plaisir me plaît. Plus mes yeux glissaient sur ses mots, plus mon sexe me rappelait à quel point il était à l'étroit derrière le tissu de mon sous-vêtement. J'entretenais d'ailleurs ce plaisir de me savoir bandé, viril, mâle en caressant négligemment mon sexe tendu à travers l'étoffe. Je l'aurais bien baisée, là, sur mon bureau tellement j'avais envie d'elle... Je me serais enfoncé en elle jusqu'à ce qu'elle perde la tête. Jusqu'à ce qu'elle réussise à faire tourner la mienne. Elle savait si bien échauffer mes sens et titiller mon désir jusqu'à la limite du supportable...

Elle avait envie que je lui offre ma jouissance. Aussitôt que je pourrais. Que je me masturbe pour elle, en pensant à elle, à son corps qui me manque cruellement, à ce désir qu'elle m'inspire, à ses envies de me prendre, à mon envie de la laisser faire... Je lui avais d'abord donné "rendez-vous" en milieu de soirée, mais mon désir d'elle, mon envie de jouir pour elle ne saurait attendre tout ce temps. J'ai devancé... Dans le train... Je le ferais dans le train... Je trouverais certainement le moyen d'être seul quelques instants pour lui offrir ce plaisir. Mon plaisir...

Les heures ont filé lentement, ponctuées par ses messages. Je n'arrivais pas à me concentrer. Mon travail me semblait tellement lourd et ennuyant... Je la sentais, à l'autre bout de mes mots, trépigner d'impatience... Elle était là, si près... Elle serait là, tout à l'heure, dans ce train, avec moi, et me regarderait de ses yeux gourmands, ce sourire malicieux sur ses lèvres si appétissantes que j'ai toujours envie d'y mordre... Les heures ont filé lentement, et chaque minute qui passait faisait grandir mon envie, mon désir...

Me voilà donc là, le dos adossé à la froide paroi de la cabine des toilettes, mon sexe chaud et rougi entre les doigts. Je contemple l'indécence de la situation. Je suis dans le train, et je m'apprête à me branler, pour elle, parce qu'elle me l'a demandé. Ma main gauche palpe doucement mes bourses, les réchauffe, les fait rouler sous mes doigts... Je les sens durcir encore, sous l'effet du désir... De ma main droite, j'ai saisi la base de ma verge. Regarde... Regarde ce que tu me fais faire... Regarde comme j'ai envie de toi, comme j'ai envie de jouir pour toi... Regarde-le, cet homme dont tu as envie, vêtu de son costume gris, le sexe sorti, le désir dressé... Regarde et jouis du spectacle, c'est pour toi, petite garce, que je vais jouir... Une goutte perle au bout de mon gland... Tu la lècherais, si tu étais avec moi... Je l'étends voluptueusement sur mon gland et je ferme les yeux. Ma main parcourt mon sexe, de la hampe au gland, en de lents va-et-vient. Je voudrais faire durer le moment, éterniser les caresses, me tenir sur cette frontière entre deux mondes le plus longtemps possible, mais je ne peux pas. L'heure tourne, et je ne peux pas demeurer dans les toilettes trop longtemps, j'attirerais forcément l'attention. Mes va-et-vient se font un peu plus rapides, les doigts de ma main gauche assurent leur prise sur mes bourses. La paume de ma main droite caresse à chaque passage le renflement de mon gland. Chaud. Sensible.

Derrière mes paupières closes, j'imagine sa bouche. Sa bouche qui avale mon sexe et qui le laisse luisant de salive lorsqu'il s'en échappe. Sa bouche à la douceur enivrante, à la chaleur qui me fait fondre, chaque fois. À sa langue qui s'enroule avec délice autour de ma queue, qu'elle suce avec un plaisir non dissimulé. À sa langue qui s'égare jusqu'à la base de ma verge, sur mes couilles, puis au-delà, jusqu'à mon cul, qu'elle lèche avec volupté. À sa langue qui m'arrache des gémissements de plaisir lorsqu'elle se fait intrusive. À sa langue qui fouille, qui ose...

J'ai rejeté depuis longtemps la tête en arrière. Ma respiration se fait de plus en plus hachée. Je regarde l'heure. Oui, maintenant... C'est l'heure... Quelques va-et-vient sur mon sexe, et j'explose en un orgasme non retenu. Je sens les spasmes expulser mon sperme hors de moi, et je me fiche éperdument de l'endroit où il ira s'échouer. Cela ne fait qu'ajouter à l'indécence de la situation. Je jouis. Je jouis pour toi, parce que tu l'as demandé. Je jouis, je jouis pour toi, et j'aime ça, si tu savais...

Je laisse les secondes s'écouler, mon souffle se calmer, mon cœur reprendre un rythme plus normal. Mais je n'arrive pas à m'empêcher de sourire. Pour toi, ma petite garce, je ferais les pires indécences... Parce que ça te plaît... Parce que ça me plaît aussi...


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