samedi 22 août 2015

Apollinaire, Poème à Lou

Tu m'as parlé de vice en ta lettre d'hier
 Le vice n'entre pas dans les amours sublimes
 Il n'est pas plus qu'un grain de sable dans la mer
 Un seul grain descendant dans les glauques abîmes
 Nous pouvons faire agir l'imagination
 Faire danser nos sens sur les débris du monde
 Nous énerver jusqu'à l'exaspération
 Ou vautrer nos deux corps dans une fange immonde
 Et liés l'un à l'autre en une étreinte unique
 Nous pouvons défier la mort et son destin
 Quand nos dents claqueront en claquement panique
 Nous pouvons appeler soir ce qu'on dit matin
 Tu peux défier ma volonté sauvage
 Je peux me prosterner comme vers un autel
 Devant ta croupe qu'ensanglantera ma rage
 Nos amours resteront pure comme un beau ciel
 Qu'importe qu'essoufflés muets bouches ouvertes
 Ainsi que deux canons tombés de leur affût
 Brisés de trop s'aimer nos corps restent inertes
 Notre amour restera bien toujours ce qu'il fut
 Ennoblissons mon cœur l'imagination
 La pauvre humanité bien souvent n'en a guère
 Le vice en tout cela n'est qu'une illusion
 Qui ne trompe jamais que les âmes vulgaires

6 commentaires:


  1. Dites, donc...
    Il n'y a de la place que pour cette vicieuse de Lou, chez vous, maintenant?!

    Bonjour!

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    1. Ou pour ce fou d'Apollinaire !
      :)
      Ils m'inspireront peut-être.

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  2. Ce commentaire a été supprimé par un administrateur du blog.

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  3. Bof! Le Fou... j'en ai vu d'autres, alors...
    Mais alors s'il vous inspire autant que Lou... je n'attends que ça.
    Encore un fou!
    :)

    C'est quoi ce commentaire supprimé par un administrateur du blog?!
    J'ai posé un seul, pas deux.
    Doublon?!

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    1. C'est qu'il est un peu fou d'elle, même si ça lui passera.
      Oui, doublon.

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  4. Cette folie-là passe toujours.
    Mais quel dommage!

    Merci, L'Administrateur, alors!
    :)

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