Accéder au contenu principal

Faire saison ou prendre corps

Tu te printemps
Je te pistil
Tu me fleurs
Je te enlumine
Tu me soleils
Tu me nuages
Je te ciel
Je te bleu du ciel
Vous me langue de chat
Nous nous estives âmes
Je te bourgeonne
Je te sème pollen
Tu te butines
Je te prends butin
Je te vole
Tu m'arrosoir
Il te rose
Il t'épine
Il t'amandier
Il te bourrache
Je te perce neige
Tu nous crocus
Nous nous volatiles
Tu me fraises
Je te cerise
Tu nous figues
Je te fais saisons
Nous nous fleurissons


Inspiré de Prendre corps, Ghérasim Luca

Commentaires

Posts les plus consultés de ce blog

L'intime et les jeunes femmes

Peut-être l'avez vous déjà vu chez Dita, pour dire vrai, je me dis que les quelques qui lisent mes quelque mots doivent nécessairement lire ceux de Dita. Notre salon de thé est parfois partagé. Pour dire vrai aussi, je ne sais pas même à qui je m'adresse. Une vingtaine de passant, quelques têtes connues sans doute, mais qui d'autre ? Une question qui n'appelle pas de réponse. STOP !! j'arrête de digresser, je gâche tout.

Chut, installez-vous, laissez-vous porter :


Un monde en soi

Chaque chose était vivante. Chaque chose était mémoire. Chaque objet était une part d'elle. Chaque objet était elle. Elle était ces objets. Ils étaient elle, sa propriété, son domaine, son monde à elle. Disposer des choses était une nécessité absolue de sa vie. Les faire siens c'était maîtriser un monde, un univers qui lui était propre, univers secret, inconnu, inabordable pour quiconque n'aurait pas été dans sa peau ou dans sa tête. Qui saurait déchiffrer le sens que prenait pour elle cette large tête sculptée qui trônait fièrement à proximité de son lit ? Travaillée dans un bois de noyer aux teintes ambrées, cette crinière sauvage prenait à ses yeux l'écho d'une chevelure de femme s'ouvrant partiellement sur le front équidé d'un animal aux naseaux puissants et au regard fier, un regard porteur de mythes aux chevauchées et aux combats fantastiques. Qui pouvait comprendre que l'anthracite et le gris de lave des tapis épais qui gisaient en rectangles sé…

La nuit rêve à l'aube

Vent glacial tempête au dehors Gris neige et pluie, chacun passe Marche et vite Sâle lumière blême de l’aube Les noctambules sont restés
Au lit
Souffle chaud fondant comme de l’or Nuit rouge et carmin, charnelle masse Battements vifs Belle lueur faible crépuscule Les amants ont retrouvé
La vie
Ils sont là au dehors les bourlingueurs Du marché les mains glacées Légumes d’hiver Le nez rouge sans l’alcool Les dormeurs sont encore à rêver
Leur nuit
Ils sondent l’intérieur le vrai bonheur De l’étreinte les mains chaudes Mangue charnue Les coeurs vibrent à l’aube Il est temps de sombrer dans nos rêves
A l’aube