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Articles

Le bonheur, le désir et l'envie

"On dit toujours que l’important n’est pas d’offrir de bonnes réponses, mais de trouver les bonnes questions. Et notre époque, sur beaucoup de points, se plante de question. La question n’est pas «  Suis-je heureux ?  », mais «  Est-ce que j’assume ce qui se présente ?  », car vivre, c’est ça. Pour un peintre, ça passera par la création. Créer pour lui implique d’assumer un tas de choses : peut-être s’intoxiquera-t-il avec sa peinture, peut-être sera-t-il un paria et mourra-t-il dans la misère. Mais lui sait que sa vie passe par là, qu’il a quelque chose à chercher de ce côté-là. Il peut avoir de la chance, et être heureux tout en assumant sa voie, c’est possible. Mais l’inverse l’est également." [...] Si les adultes parlent en termes de menaces ou de prévention-prédiction, c’est sans doute parce qu’ils pensent que les temps actuels ne sont pas propices au désir, car il faut s’occuper de la survie. Et puis ils se disent qu’ « on verra plus ...

Le parquet

J’ai pris soin d’ouvrir en grand les rideaux du salon. Il fait nuit et pourtant c’est comme si nous étions au grand jour. Pleine lune ? Non, nuit blanche. Nuit blanchie de la poudre inhalée, nuit autrement blanche. Les flocons se sont figés sous la douceur du froid et le ciel illuminé par la grande ville rose se teinte d’une roseur de jouvencelle. Le parquet laisse éclore sous mes pas la complainte de nombreuses décennies. Il est sombre et contraste avec cette ambiance de bal masqué. Des vies se sont épanchées sur ces lames de bois, nombreuses, sans doute. J’aime croire que des amants s’y sont aimés avec douceur parfois, avec violence d’autres fois, oscillants entre amour et haine, pudeur et décadence. Des vies qui ont laissé toutes ces traces visibles ou invisibles. Entre toutes ces lattes imparfaites, rayées par des objets d’hommes et de femmes, il reste forcément un peu de l’essence d’hommes et de femmes inconnus. J’ai la même pensée lorsque je regarde la grande poutre aux siècles ...

Cortèges

Un vieillard en or avec une montre en deuil Une reine de peine avec un homme d’Angleterre Et des travailleurs de la paix avec des gardiens de la mer Un hussard de la farce avec un dindon de la mort Un serpent à café avec un moulin à lunettes Un chasseur de corde avec un danseur de têtes Un maréchal d’écume avec une pipe en retraite Un chiard en habit noir avec un gentleman au maillot Un compositeur de potence avec un gibier de musique Un ramasseur de conscience avec un directeur de mégots Un repasseur de Coligny avec un amiral de ciseaux Une petite sœur du Bengale avec un tigre de Saint-Vincent-de-Paul Un professeur de porcelaine avec un raccommodeur de philosophie Un contrôleur de la Table Ronde avec des chevaliers de la Compagnie du gaz de Paris Un canard à Sainte-Hélène avec un Napoléon à l’orange Un conservateur de Samothrace avec une victoire de cimetière Un remorqueur de famille nombreuse avec un père de haute mer. Un membre de la prostat...

Flou fantasmagorique

Tout à l'heure, en faisant l'amour, je pensais à vous. Tout à l'heure, en pensant à vous, je faisais l'amour. Tout à l'heure, en pensant l'amour, je faisais à vous. Tout à l'heure, en faisant à vous, je pensais l'amour. Tout l'amour, en faisant leurre, je pensais à vous. Tout l'amour, en pensant avoue, je faisais leurre. Tout l'amour, en pensant leur, je faisais avoue ! Tout l'amour, en faisant à vous, je pensais leurre. Tout à vous, en faisant l'amour, je pensais à l'heure. Tout à vous, en pensant au leurre, je faisais l'amour. Tout à vous, en pansant l'amour, je faisais à l'heure. Tout à vous, en faisant leurre, je pansais l'amour.

Courage, avançons.

Nous sommes tous Charlie

Fin du jour présent