Ta peau serpent engloutit mes derniers mots dans quelque chose qui les triture, les déforme, leur donne nouvelle forme et de ça je suis totalement liquéfié. Je deviens la lave qui s'écoule sur la croûte, ce n'est pas que j’en viens à l'effacement, non, c'est, je crois, une épiphanie. Je dis le mot sans le comprendre, sans être certain de sa définition, le cerveau et les plis du cortex encore sensibles de tes coups de queue, de ta langue animale, de tes griffures sur mon corps. Est-ce que je vais redescendre un jour ? Je suis dans ta peau, je m'y glisse si aisément et pourtant c'est difficile parce que cela me prend de toute part, cela m’emporte, loin et haut. Je me fonds en étant une version de moi au centuple, une boule d’émotions qui submerge et engloutit toutes mes pensées, je n'ai plus de limite, plus de barrière. Je me répands et devient la peau sur ta peau, la peau de lait que le feu fait frémir. Qui sommes nous, de quoi sommes nous faits pour être si...