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Affichage des articles associés au libellé Sally

Les films qui touchent

 Il y a des films qui touchent, des êtres qui vous touchent. Je ne sais pas si ce sont des fictions, je sais qu'il y a de l'universel à être touché et parfois à se laisser toucher, et je sais qu'il y a une fiction dans tout cela. Des moments de vie qui deviennent des films. Des films qu'on se raconte, peut-être de façon différente dans le temps, en fonction des moments, de ce qui nous entoure et nous influence. Il y a dans ces récits sa part de magie, d'émotion, de solitude, d'impossible et de réel. Le réel qui touche et que l'on touche. Il y a dans ces récits sa part d'arrangement, de travestissement, de dramaturgie et de réel, encore. Vivre c'est faire de son rêve un souvenir, et peut être aussi de ses souvenirs des rêves. Des rêves qui nous nourrissent. Une légende que l'on se crée. Ce soir, je songe à Sally. Je songe à elle parce que j'ai choisi de regarder un film qui, dans mon film à moi, me rattache à elle. Lost in translation. La dern...

Un havre

 Je t'ai regardée. Nous parlions. Je te regarde toujours quand nous parlons. Je te vois trop rarement. Et c'est souvent un chavirement. Il n’y a plus de sexe. En tout cas, cela n'effleure plus de la même façon. Pourtant, je t’ai regardée, nos paroles se sont tues, et nos regards ont chaviré. Ou peut être ce n'était que le mien. Dans ces quelques secondes de silence j'aurais aimé t’étreindre. J’ai besoin de t’étreindre lorsque nous nous voyons. Je ressens le besoin de te serrer contre moi, de te toucher la main, de poser ma main sur ton épaule, de caresser ta joue. Mais lorsque je trouve le courage de le faire, j’ai peur d'être maladroit, j’ai peur que cela ne soit pas ce que tu souhaites. Alors ma main est fugace dans ce malaise qui me convainc que je ne suis pas à ma place. As tu remarqué cela ? J’aime ta façon de m’embrasser, ton bras m’enlace un peu, passe derrière mes épaules, je pose ma main sur le haut de ton bras, et je suis heureux de ce contact, quelque...

20 décembre 1968

20 décembre 1968 Sally, Voilà des années maintenant. Des années… pourtant vous ne m’avez jamais vraiment quitté. Etiez-vous tout ce temps à mes côtés lorsque mes pensées caressaient les trop rares souvenirs que nous partageons vous et moi ? La guerre est bien loin désormais, le temps passe. Mes compagnons d’arme ont tous fait carrière, certains ont aussi consumé leur vie, il est vrai. L’un est devenu ministre. L’autre a fait parmi des premiers 8000. Moi je suis parti loin de vous. Etait-ce un choix ? Ais-je cherché à m’éloigner de vous faute d’être capable de vivre ce que l’un comme l’autre aurions aimé vivre. Vous, votre mari, vos enfants… Moi, ma fuite en avant, toujours, sans regarder derrière. Le lierre meurt où il s’attache. Le monde bouge. Au printemps dernier la jeunesse jouait du pavé et écrivait sur les murs. Je ne comprends plus ce monde. J’étais depuis des mois en terre canaque. J’ai cherché à comprendre ce monde-là. J'y ai rencontré des femmes. L'une d...