" La fidélité et la trahison Il l'avait aimée depuis l'enfance jusqu'au moment où il l'avait accompagnée au cimetière, et il l'aimait dans ses souvenirs. D'où il tenait que la fidélité est la première de toute les vertus; elle donne son unité à notre vie, qui, sans elle, s'éparpillerait en mille impressions fugitives. Franz parlait souvent de sa mère à Sabina, et peut-être même, inconsciemment, par calcul : Sabina serait séduite par son aptitude à la fidélité, et c'était moyen de se l'attacher. Seulement, c'était la trahison qui séduisait Sabina, pas la fidélité. Le mot fidélité lui rappelait son père, provincial puritain qui peignait le dimanche pour son plaisir le soleil couchant au dessus de la forêt et des bouquets de roses dans un vase. Grâce à lui, elle commença à dessiner très jeune. A quatorze ans, elle tomba amoureuse d'un garçon de son âge. Son père fut épouvanté et lui interdit de sortir seule pendant un an. Un jo...