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No one

Règles

Rouler sur ta peau mes doigts pour palper la chair la retourner en des plis noirs plus sombres encore alors que je n'ai de cesse de t'y chercher. Faire rouler tes yeux au fond de toi alors que ton regard noir est vissé dans mon bleu terni par tous ces fantômes qui tournent au fond de l'abysse que nous réclamons. Tourner autour de toi la cuillère de bois délayant mes vices à grand renfort de regards silencieux délaissant la parole pour noyer le toi et le moi en un liquide. Choisir la couleur afin d'ouvrir les vannes pour laisser fuir les eaux qui ne t'appartiennent plus. Mettre le feu doucement à tes pensées par emprunt de mots ou d'image crues mais douces d'une douceur à réclamer toujours moins de celles-ci.

tout restera

Je n'y suis jamais allé des mots d'Amélie et pourtant toi et moi nous y sommes la musique, l'accordéon tes yeux qui se vident en moi je te souris mon amour mon amour te nourrit t'enveloppe et la musique encore nous voyageons je te souris encore il est temps de faire des provisions pour longtemps qu'au fond de ton regard miroite toujours mon regard celui de ta mère de ta sœur de l'amour, de la chaleur, de la bienveillance j'ai tout cela à te donner d'abord après tu verras mais d'abord, là tout de suite c'est ton sourire qui répond au mien tout passe dans nos regards tout restera

Un homme

Un homme est tout cela. A la fois Un homme n'est rien de cela. Un homme est en marche Un homme est s'il sait tout en sachant qu'il ne sait rien si peu Un homme est la somme des peurs des forces s'il le sait, s'il les accepte, s'il les connaît, s'il les comprend, s'il les regarde pèse circonscrit dépasse transforme crée développe Par le hasard et sans celui-ci Par ses rencontres et seul Alors l'homme est un homme.

Un homme ?

" Jeudi 17 septembre,   C’est quoi, être un homme, Arthur ? Que me répondrait-il si je lui adressais cette question ? Détournerait-il son visage pour me signifier un refus ? Lèverait-il les yeux au ciel pour me faire toucher du doigt combien cette interrogation est absurde ? Ou bien dirigerait-il son regard vers le sol, comme pour chercher en lui-même ? Ou enfin m’observerait-il, droit, immobile, désemparé, désarmé ? Quoi ? A quoi ressemblerait sa face, en cet instant de vérité ? Y aurait-il une grimace, un soupir d’exaspération ? Un silence de recueillement ? Un air triste et hébété ? Alors qu’il gît comme ne gisent que les cadavres, avec son masque de cire, impénétrable, ses traits épuisés, ses orbites creusées, ses membres d’enfant, son corps disloqué, que m’apprendrait-il à propos de ce qu’est un homme ?   Evoquerait-il la figure triomphante de l’adolescent, cette grâce tranquille et magnifique, ...

Celui que j'ai chassé

Y-a-t-il un destin ? Quelque chose qui préside à nos destinées, qui nous fait être ici, ce jour là, à cette heure-ci précisément ? Y-a-t-il un Dieu, Jésus, Jehova, Allah, des anges ou autres muses, qui sais-je encore ? Le chemin est-il déjà tout tracé pour que puisse nous arriver toutes ces rencontres, ces visites qui finissent par nous modeler sans que l'on ne s'en aperçoive? J'ai toujours pensé que la religion n'avait été inventée que pour rassurer l'homme et pour, au passage, l'asservir au besoin. Il n'y a pas de jugement dans cette pensée, je pense que les religions sont nécessaires, elles sont néfastes aussi, certes, mais pouvait-on jusqu'alors normer véritablement les rapports entre les hommes et les femmes ? Qui mieux qu'un Dieu ou des Dieux pour imposer quelques règles à tous et ainsi aider à faire société ? Qui mieux que l'idée d'un supérieur inaccessible, Dieu, Gaïa, Pachamama pour développer l'imaginaire des hommes, les stim...