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Articles

Cette chaleur

Puisque ailleurs l'on parle d'hôtel, de piscine, de femme seule et d'été, voici un texte estival écrit par le passé : La chaleur m’étouffe aujourd’hui, elle colle à mes pensées, elle se plaque sur ma peau, coule vers mon nombril, s’effondre entre mes fesses, lisse mes cuisses et lèche d’une langue large et paresseuse mes lèvres assoiffées. Quinze heures trente-trois, l’esprit en parenthèse, le sexe éveillé dans mon sommeil. L’été est un amant que je n’aime pas déloger du lit. Tangage assuré. Trente-cinq, trente-six, trente-sept, trente-huit, trente-neuf et me voilà bouillante avant même de compter jusqu’à cinquante. Combien de degrés compte l’échelle de mes obsessions ? L’esprit alourdi je tourne en boucle comme le pendule doré qui vient choquer la boule opposée, se relancer, revenir, se relancer, revenir, tout cela dans un même et unique but. J’ai besoin de sexe, je le respire, le transpire, je le regarde couler, longtemps, longuement, lentement, le recueille et ...

Bilan

Trois ans après, je suis toujours aussi timide. :) Ou peut-être un peu moins en fait.

Quai Claude Bernard

C'est dans notre appartement Lyonnais. Tout vit ici. Ici entre ces murs. Ces vieilles tapisseries. Jamais vous n'auriez imaginé n'est-ce pas ?  Qu'est-ce qu'un vieux comme moi, si ce n'est un être en passe de disparaître ? Oui, c'était il y a longtemps pour vous. Vos parents n'étaient pas même nés. Mais je suis comme vous. Je suis plus que vous. Je suis une somme de vies qu'un jour vous égalerez peut-être. Je suis la multiplication d'instants et de rencontres, de larmes et de fous rires, de dramaturgie, d'exaltation. Une somme qui apporte aussi la paix, la quiétude. Parfois j'oublie. D'autres fois comme aujourd'hui, je revis certaines de ces vies. Venez, suivez-moi. Quittez vos chaussures, je ne veux pas que vous salissiez mon parquet. Voilà, entrez. C'est ici que j'ai pris cette photo.   J'avais trente ans. De là, je vous laisse imaginer quel est mon âge. Je l'ai faite monter dans mon appartement. Elle ?...

Un film de Claude Lelouch

Les nuages s'accrochent aux montagnes, l'instant d'après on devine la lumière du soleil sans ne rien voir de lui. Entre chaleur et humidité. J'aime ce temps qui évolue sur la tranche. On ne sait pas s'il va pleuvoir ou si les vestes devront être remisées au bras. Ces nuages qui défilent et se délitent, s'amassent et se vident. Je pense à S., à la vie de S., à l'une des photos de S. Depuis cette photo, j'ai longtemps traversé la gare de Grenoble en fin de journée en me disant, je vais la croiser. Elle va descendre du TGV. Elle sera là, devant moi et, quelle joie ce sera pour moi, quelle immense joie de pouvoir la regarder tout ému de ce hasard. Elle ne me dirait sans doute jamais qu'elle pourrait être de passage ici. Quelques êtres se croisent. Est-ce à dire que nos vies se sont croisées ? S., cette nuit où tu m'as dit que tu savais que jamais tu n'aurais d'enfants. Mon cœur a voulu te dire, moi je te ferai cet enfant. Comme un élan, un be...

Belle histoire d'amour