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Articles

La réalité du monde

 Parfois, j'aimerais que tu me baises, que tu me prennes, que tu ne me demandes pas ton reste. Tu vois. Que tu puisses me traiter de salope, de chienne, de petit toutou à la queue raide, de tous les mots que tu pourrais inventer comme moi parfois je sais faire. Je te sourirais, tout à la douceur de ce que tu me fais, envahi par le silence, la plénitude du plaisir, ta bouche officiant sur mon sexe, ta langue sur mon gland, ta bouche jouant de mes bourses, et tu me ferais mal aussi. Oui, tu me ferais mal. J'aurais mal à sentir mes couilles vrillées, aspirées, sous pression. Je me tordrais en tous sens. Et au lieu de me demander pardon, tu insisterais. Tu vois. Parfois, je désire que tu serres mes couilles. Je dis parfois, mais c’est de plus en plus souvent. En fait, je voudrais que tu me malmènes, que tu te redresses, ta main toujours enserrant mes bourses, ta main maltraitant ma hampe. Et tu me regarderais. Les yeux fichés en moi. Et ta main finirait par voler sur ma joue. Une b...

Dans tes plis

 Dans tes plis, il y a l’ombre, il y a l’onde, il y a la saleté de fièvre, l’ondée sur la mer, la coulée de boue qui cavale, dévale sur les pentes raides de la montagne de granit. La montagne et les drues, la face nord basaltique, l’aiguille verte, et la falaise noire, le schiste qui s'effrite sous tes doigts pour mieux te précipiter dans le vide jusqu’à ce tu t’affales de tout ton être contre le carrelage froid, à nager dans ta bave, dans ta mouille, dans ta pisse ou la mienne, qu’importe tant il s’agit de nous, de nous dans la nuit, parce que seule dans tes plis tu ne l’es jamais. Dans tes plis, il y a tout un monde qui ne se voit pas, personne d’autre ne peut le voir que moi que celui ou celle qui finira par te prendre, te prendre à la gorge, la trachée bien haute et le regard déjà parti ailleurs, la bouffée d'air que tu te refuses pour partir plus loin encore parce que c'est moi, parce que ce sont les graines de foutre de mes mots qui t’engrossent le ventre à cet instan...

De baise et d'aise

 Sous l'emprise du vent et du crachin, je bruine tes lèvres à remplacer le froid par mes morsures, à esquisser la bise par des murmures. Me voilà à abattre tes murs, les murs de la forteresse, celle que pour moi tu abaisses pour que ma main puisse te faire la baise, fichant en ton ventre quelques pistils semés au vent. Tiens bon, ce n'est que tempête entre tes jambes écartées. Flic flac et mare au diable. Entends tu ? Entends-tu les mots salaces qui germent sur ta peau ? Entends-tu le refrain de ma main errant sur ta gorge pour te priver de souffle et te pendre à mon cou ? Vois. Vois ce que tu es, toute chose, toute chose à ma guise, ressac de la vague et écume des mots. Ouvre tes lèvres et recueille le fruit de la rosée de ma langue déposée là sur ta lande rose vif, humidité tendre et chaleureuse. J'aime lécher tes lèvres, parler d'un bout de la langue à l'autre, comprendre sans mot dire, tout à l'écoute de ce qui vibre là. Il pleut ? Oui, il pleut. Il pleut de...

Écarte tes cuisses

  Automne 2020 Scène 2 acte 1 - lieu ta voiture. Toi au volant. Il fait nuit mais il ne pleut plus. Tu minaudes. Tu conduis au hasard et c'est moi qui te dis où nous sommes, par où passer. Pour rentrer chez toi. Alors que nous sommes dans ta ville. Gare-toi. Où ? Et bien... Ce n'est pas la place qui manque ! Là bas en face dans l'ombre du bâtiment. Ici sur le côté. Plus loin en bordure du trottoir. Arrête toi. Faisons une pause. Tu gares la voiture. Tu coupes le moteur. Je détache ma ceinture. Je t'embrasse. Je joue doucement de ma langue. Ton souffle s'emballe. Je glisse ma main entre tes cuisses, mais elles sont insuffisamment écartées. Écarte tes cuisses, demande faite avec douceur. Tu me cherches. Tu refuses. Écarte tes cuisses! Dis je un peu plus fermement. Tu joues les mijaurées. Je t'embrasse avec sensualité, ma main glissant dans ta chevelure. Cela me plait. Cela me déplaît. J'attrape brutalement ta chevelure et la tire en arrière. Je redis fermement...

Du déjà vu et du déjà beau

 Texte écrit pour le thème de janvier 2024 - *Déjà vu* - du groupe Passion Écrire --------------- Vois-tu ? Ce n’est pas très compliqué en fin de compte. Oui, je sais tu n’es pas tout à fait d’accord. Mais après tout, si tu es dans cette inextricable situation, c'est que, ma petite chose, tu n'as pas fait grand-chose pour l'éviter. Oui, oui, bien sûr, ne te gêne pas pour faire tes petits signes de dénégation avec ta frimousse de chatte. Ton petit menton vindicatif est une petite sucrerie que tout à l’heure je lècherai à grande lampée. En attendant, agite le bien de droite et de gauche. J’aime bien ton air renfrogné, tu es tellement craquante ainsi. Après tout, si je t’ai laissé la possibilité de non opiner du chef, c'est que tu en as la liberté. Je serais plus surpris par contre que tu viennes à user de ta voix. Non, pas cette voix inaudible qui laisse ta bave s’écouler sur ta poitrine. Mais oui, mais oui, mon petit chaton, dis moi tout le bien que tu penses de moi. Je ...

La couche de tes neiges rouges

 À suivre la ligne de crête, la paroi vertigineuse, trouver une ou deux failles dessinées à l'aplomb, pour glisser quelques doigts sales du rouge vermillon, croire arpenter à mains nues la falaise de grès rouge avant que le soleil ne se cache, ressentir la joie du premier de cordée à l'approche du sommet  et sans cri par mégarde chuter avant l'heure épris du vertige des cimes. Le corps inerte, à peine brisé par l’étreinte, entre les chairs voluptueuses qui forgent en étau le visage, deux parois dantesques pour décor, sombrer dans l’étrange nuit des plis de ton paysage, je ne sais plus si c'est moi qui t'offre un baiser d’eau vulve à la bouche, ou si c'est toi qui donne à mon sang le bât sur tes lèvres, à demi étouffé me voilà à l’effort sans prise apparente, perdu sur la brèche avançant lentement le chant branle, le souffle court coupé dans l’effort, voilà que tu branles ton con sur ma face, fiévreux et rougeaud, arrachant à ma langue des tempêtes d’ondées, usan...

La récolte

 Je veux savourer le suc et le miel, le sucre et le ciel, le musc con el piel. Je veux savourer la langueur sous la langue, la pudeur sous la lampe, la ferveur des alcoves, l'ivresse des accords. Récolter ces fruits-là, boire ces jus-là.