Sauvagement. Fougueusement. Je t'ai mordue. Caressée. Comblée. Flattée. Ensorcelée. Bête sauvage. Affamé. A vif. Assoiffé. Dévoré. Dévorant. Ton sang. Ta vie. Ta peau. Ta chair. Tes pensées. Tes rêves. Sans trêve. Je veux tout. Je te veux. Je t'ai faite vibrer. Déséquilibrée. Déstabilisée. Désappointée. Entre mes mains. Avec ma langue. Selon mes désirs. Suivant mes vices. Révélation. Déflagration. Explosion. Je t'explore. T'assaille. T'assiège. Prise d'assaut. Investie. Piégée. Par tous mes mots. Par tous tes pores. Tu me transpires. Me rêves. M'espères. Enfiévrée. Maladive. Enragée. Je veux être ton remède. Ton médecin. Ta potion. Ton poison. Tu me bois. Me prends. Tu me veux. Pour toi. A toi. Je te veux. Par moi. A moi. Emotive. Féminine. Authentique. Offerte. Lascive. Lubrique. Chienne. Tendre. Femme. Je te malmène. Je te marque. Je te trace. Je te façonne. De mes baisers. De mes griffures. De mes coups. De mes reins. Je m'en imprime. Multiplie les épreuves. Chevauche les calques. Dessine mon œuvre. Au plus profond. Dans tes entrailles. Chevillé au ventre. Fiché au corps. Enfoui en toi. Matrice. Renaissance. Mon eau. Ma source. O. Ma catin. Ma belle. Ma lionne. Mon Elle. Je te vole. Te sape. T'envole. Je te viole. te cajole. Te mets en cage. Te libère. Te pacifie. Mon paradis. Ma plage. Mon désert. Personne. Toi. Moi. Personne d'autre. Et surtout pas chez moi. Surtout pas dans mon antre. Je te veux salope. Tu en veux d'autres. Je te les donne. Demande. Offrande. Consomme. Sers toi. Assouvis tes besoins. Mais ne désire que moi. Attente. Folie. Utopie. Mon Graal. Je boirai à ta coupe. Je lècherai tes lèvres. Je te ferai fondre. Je ferai couler ta mer. Tu te noieras en moi. Je te veux.
J’ai pris soin d’ouvrir en grand les rideaux du salon. Il fait nuit et pourtant c’est comme si nous étions au grand jour. Pleine lune ? Non, nuit blanche. Nuit blanchie de la poudre inhalée, nuit autrement blanche. Les flocons se sont figés sous la douceur du froid et le ciel illuminé par la grande ville rose se teinte d’une roseur de jouvencelle. Le parquet laisse éclore sous mes pas la complainte de nombreuses décennies. Il est sombre et contraste avec cette ambiance de bal masqué. Des vies se sont épanchées sur ces lames de bois, nombreuses, sans doute. J’aime croire que des amants s’y sont aimés avec douceur parfois, avec violence d’autres fois, oscillants entre amour et haine, pudeur et décadence. Des vies qui ont laissé toutes ces traces visibles ou invisibles. Entre toutes ces lattes imparfaites, rayées par des objets d’hommes et de femmes, il reste forcément un peu de l’essence d’hommes et de femmes inconnus. J’ai la même pensée lorsque je regarde la grande poutre aux siècles ...
De l'or en fusion ! :)
RépondreSupprimerGaïann, si vous avez trouvé le secret des alchimistes, je suis preneur de la formule !
RépondreSupprimer:)