Sous les réverbères je rêve d'une ère où les filles de l'air papillonnent sous le verbe la lèvre basse je rêve en verbe que ses lèvres hautes embrassent mon Eve et répandent en elles la chaleur éclair de cet halogène non sans trêve entre Eve sabre au clair entre elle et moi la lumière chancelle sous nos paupières closes et chastes scellent cette veine qui non sans sel fut l'appel de nos gestes miel caresses d'hier en ces terres berbères livre des innocences barbares rêves de lèvres en verve esquisses de celles comme ceux qui sous ces réverbères étrennent le costume qui passe et étayent ainsi les baises d'avant qui au faîte de leurs âges font sens donnent scène s'égrènent en nos traces présentes puisent confondent et s'amassent sous la chair celle dont la saveur entête comme l'herbe s'émeut sous l'haleine fraîche des éoles de plaines ces peaux à la pelle qui s'aiment en tout sens dans les pentes moites des montagnes faunes ou dans les sentes vrilles des côtes à côtes dessinant des rives de lentes étreintes de mats en cales où naissent des fleurs indécentes dont les pétales déchirent le fil de nos mensonges las des champs sans traîne comme des soleils effleurent les rêves de fontes légères et calmes en ces bras qui nous bercent comme ces lèvres que je baise celles qui sèment ces graines en ceux ces fèves de ciel où naissent tes réverbères refuges de nos ailes.
J’ai pris soin d’ouvrir en grand les rideaux du salon. Il fait nuit et pourtant c’est comme si nous étions au grand jour. Pleine lune ? Non, nuit blanche. Nuit blanchie de la poudre inhalée, nuit autrement blanche. Les flocons se sont figés sous la douceur du froid et le ciel illuminé par la grande ville rose se teinte d’une roseur de jouvencelle. Le parquet laisse éclore sous mes pas la complainte de nombreuses décennies. Il est sombre et contraste avec cette ambiance de bal masqué. Des vies se sont épanchées sur ces lames de bois, nombreuses, sans doute. J’aime croire que des amants s’y sont aimés avec douceur parfois, avec violence d’autres fois, oscillants entre amour et haine, pudeur et décadence. Des vies qui ont laissé toutes ces traces visibles ou invisibles. Entre toutes ces lattes imparfaites, rayées par des objets d’hommes et de femmes, il reste forcément un peu de l’essence d’hommes et de femmes inconnus. J’ai la même pensée lorsque je regarde la grande poutre aux siècles ...
c'est de toi?
RépondreSupprimersi oui c'est incroyablement beau. ça me plait de te relire ainsi
Décidément, en quelques minutes, deux commentaires, l'un "c'est toi !" et l'autre "c'est toi ?"
SupprimerLaisse moi essayer avec un point final "c'est moi."
sinon... et bien... quand j'écris ce genre de chose je ne sais jamais trop ce que cela vaut. Alors merci !
Qu'as tu saisi de cet enchaînement de mots sans ponctuation ? Je suis curieux de savoir ce qui transparaît à ceux qui le lisent.
et bien je perçois comme une petite musique dans mon oreille qui me berce. je le lis à voix haute et j'adore comme les mots rebondissent et claquent. C'est plus un jeu de langues que le contenu qui me prend. Mais sans doute le contenu inconsciemment a son importance.
SupprimerEt mystérieusement ça me met dans un état assez proche de l'état que je connais quand je plonge dans le désir et plaisir ( état cotonneux et hors réalité)et je le dis d'autant volontiers qu'on sait bien que ce n'est pas toi qui me fait ça mais bien les mots. c'est assez addictif