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Articles

Myanmar Folk Song

Les grands arbres

Houp géant grand Kaori sur nos peaux Grands arbres deux ombres gardiennes Deux colonnes alitées lignes mêlées Frôlent les cieux et plus loin les étoiles Il fait nuit noire le ciel scintille s’illumine Plongée en des pins colonnaires sous la croix du Sud Brindilles sous le pied, sous la main, sous nos cuisses Au dedans l’araucaria à l’étrange ramification Puis la rosée verte L’horizon rosé Le réveil des vagues Au loin sur la barrière

L'éponge

Il y a du bruit dans la grande maison. Dehors aussi. De la porte qui donne sur la grande salle à manger, je vois mon mari s’affairer devant la cheminée. Mes jumelles chantent à tue tête dans leur chambre en mode karaoké. Mon fils joue avec ses copains et nos deux chiens, sous les fenêtres de la cuisine, dans la neige fraîche tombée en grande quantité la nuit précédente. Lorsqu’il se réfugieront au chaud, l’entrée va se retrouver encombrée et toute flaquetée. La soirée pyjama se prépare. Mon mari travaille cette nuit. Ils annoncent beaucoup de neige. Il va bientôt prendre son tracteur, la remorque à sel et sa lame pour rouler sur les routes du village. Le repas avance. Ce soir je prépare à tout ce beau monde mon gratin de lasagnes à l’ingrédient secret et en dessert je leur ferai des poires en sirop façon belle Hélène. Je réserverai une part pour mon homme, comme ça lorsqu’il rentrera avant que le jour ne se lève, il pourra venir dans le lit conjugal pour dormir le ventre plein après u...

Mon éjaculation précoce

J'ai quarante trois ans. Mes premiers émois sexuels se sont accompagnés d'éjaculation qui n'étaient pas désirées. C'est arrivé la première fois avec Karen. C'était un après midi. Nous nous embrassions, j'avais très envie d'elle, c'est devenu flou dans ma tête. Étions nous allongé sur le lit de sa cousine ? C'était un été. J'étais au lycée. Nous nous embrassions et j'ai éjaculé dans mon caleçon. Nous ne faisions que nous embrasser. Nous étions habillés. Parfois je dormais chez mon oncle et ma tante pour pouvoir passer la soirées avec les copains et ne pas avoir à rentrer dans ma maison perdue dans la presque campagne. J'ai ce souvenir que nous regardions un soir le ciel étoilé lors d'une de ces échappées. Nous parlions beaucoup. On s'imaginait des tas de choses sur la vie dans les étoiles. Quelques années plus tard, j'avais invité Séverine chez moi, dans ma chambre d'ado. Elle avait accepté cette invitation, j'avais ...

Rêveries de velours

Je ne connais pas ce quartier. Habituellement, je passe par le faubourg La Blanche puis je rejoins Notre Dame des vents par les ruelles fleuries du Val des Flambes. Simple petite promenade. Mon rituel à moi du samedi et du dimanche. Oh, je ne suis pas seul à faire cette promenade un peu sportive. C'est que le point de vue de la pointe des quatre vents, un peu plus haut encore que le sommet de Notre Dame des vents est un lieu apprécié par les citadins. Cela se mérite. Chacun y apporte sa dîme de sueur tant les dernière marches s'enchaînent abruptement. Ce que j'aime, généralement c'est m'installer sur ce rocher, un peu en retrait, le long de la longue envolée de marches bordées par les hautes futées. C'est un endroit où l'ombre s'émiette dans les rayons du soleil. Peut-être la partie la plus difficile de la montée vers la pointe des quatre vents. Le rocher est généralement chaud tant le soleil le caresse. Je pose mon corps, là, contre cette pierre qui ép...

La Grande Terre

Grande Terre 1878 Nous sommes à bout. Les français nous étouffent. Ils ont volé la terre. Le lien avec notre terre est indéfectible. Il est en nous. Dans les cases, entre les clans, au cœur de la mangrove, dans le lagon, les profondeurs de l'océan, dans notre terre, dans la forêt, sous les pierres, dans le règne animal, tout nous relie par le sol que nous foulons, la terre que nous creusons pour l'igname, l'eau qui inonde le taro, le feu qui brûle dans nos cases, la nourriture que nous prélevons, le vent qui porte la poussière, nous appartenons à la terre. Les français viennent de nul part. J’ai entendu parler du récit de ceux qui ont été montrés là bas. Ceux qui ont vécu les étranges saisons de leur pays. Ils ont parlé à nos clans, à nos ancêtres. Ils nous ont dit la cupidité décuplée, les cases de pierre froide et plus grande que nos grands kaoris, cités obscures, les fumées des cheminées gigantesques, les femmes qui se payent, les enfants qui n'appartiennent ...

Un autre homme tout en restant cet homme

Un soir je rentre. Je rentre plus tôt que prévu. Dans le bus, il y a son parfum. Son parfum de partout. Son parfum comme la tâche indélébile de la culpabilité. Parfum prégnant, non équilibré, parfum qui embaume son corps, qui m'étouffe lentement. Il y a ces images. Elle dans le parking sous terrain. 15 ans de plus. Je n'en ai que 28. Elle est vulgaire. Son sourire est doux. Ces yeux sont noirs. Elle a une petite moustache sur la lèvre supérieure. Un petit grain de beauté et quelques poils plus sombres là. Sa peau est douce, dorée. Elle est légère. Mes mots la rendent miel, liqueur. Je suis grisé par celui qui se dévoile en moi. Celui qui prend, qui cède à son plaisir, qui prend la place, devient le motif central de ses rêves, de ses pensées. Nous sommes dans ce parking sous terrain, contre sa voiture, une 206 coupé cabriolet. Cette femme aime l'apparence. Cette femme aime se montrer, se faire draguer dans les supermarchés, se faire offrir par son mari. Ce mari ne lui a pas ...