J'aurais envie
de m'agenouiller devant vous, de faire tomber vos vêtements et de vous
prendre, tout entier, dans ma bouche... J'aurais envie de vous lécher
voluptueusement, que ma salive coule au coin de ma bouche, sur mon
menton, dans mon cou... J'aurais envie de vos mains dans mes cheveux,
pour tenir ma tête pendant que vous vous enfoncez dans ma gorge...
J'aurais envie de vos mains qui m'indiquent le rythme qui vous
convient... J'aurais envie de vous sentir vous crisper avant l'orgasme,
puis d'entendre votre plaisir... J'aurais envie de votre sperme qui
jaillit dans ma bouche et que je laisse couler entre mes seins, pour le
plaisir de le voir là... J'aurais envie de vous garder là, dans ma
bouche, pendant que votre sexe ramollit, parce que j'aurais encore
envie de votre plaisir...
J’ai pris soin d’ouvrir en grand les rideaux du salon. Il fait nuit et pourtant c’est comme si nous étions au grand jour. Pleine lune ? Non, nuit blanche. Nuit blanchie de la poudre inhalée, nuit autrement blanche. Les flocons se sont figés sous la douceur du froid et le ciel illuminé par la grande ville rose se teinte d’une roseur de jouvencelle. Le parquet laisse éclore sous mes pas la complainte de nombreuses décennies. Il est sombre et contraste avec cette ambiance de bal masqué. Des vies se sont épanchées sur ces lames de bois, nombreuses, sans doute. J’aime croire que des amants s’y sont aimés avec douceur parfois, avec violence d’autres fois, oscillants entre amour et haine, pudeur et décadence. Des vies qui ont laissé toutes ces traces visibles ou invisibles. Entre toutes ces lattes imparfaites, rayées par des objets d’hommes et de femmes, il reste forcément un peu de l’essence d’hommes et de femmes inconnus. J’ai la même pensée lorsque je regarde la grande poutre aux siècles ...
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