Aphrodite
veut jouer, Aphrodite veut jouer sans prendre ni détours ni gants, elle
veut des queues, une, deux, trois, quatre, cinq pour lui clouer le bec
et le cul, la chatte et ses mains, lui, il lui faut de la sueur, du
vice, du foutre, des trous dilatés, des cris en diable, des bites
turgescentes, des chaleurs animales, des hommes en ruts, des femmes
fontaines, du sperme, des odeurs, de la mouille, de la pisse, du mal,
des odeurs de cul, de musc, du sombre, des trucs, des trucs qui collent
au corps, qui la prennent partout, tout le temps, des mâles qui ne lui
laissent aucun répit, des regards déviants, des claques brulantes, des
griffures dans le cou, sur le cul, des masses qui s'écartent, des
chairs labourées, des lèvres ourlées, perlées, disloquées, gonflées,
des langues humides qui lèchent, qui lapent, qui crachent, qui
fouillent, qui cherchent, qui ouvrent, qui trouvent, qui bouffent, qui
poussent, loin, profond, des baisers tranchants, des dents qui mordent,
qui s'enfoncent, qui déchirent, qui font hurler, qui claquent, des
fouets, des mains, des cordes, des liens, des objets, des
détournements, des volutes d'insanités, des chapelets de jouissance,
des orgasmes insondables, des oublis, des néants, des ailleurs, des
paradis d'étuves, des corps épuisés, des âmes qui supplient, qui en
redemandent, des êtres qui ne veulent pas mourir, des femmes qui
rampent, qui supplient, des hommes qui titubent, ivres de sexe, de
peau, de membres étreints, contraints, libérés, des êtres qui se
consument, qui se brulent, qui se fondent, qui disparaissent, des corps
et des âmes qui ne sont plus qu'objet, désir, pantelants et outrageant.
Aphrodite est petite chienne, je ne lui souhaite qu'une chose que ses
nuits et ses jours soient bacchanales.
J’ai pris soin d’ouvrir en grand les rideaux du salon. Il fait nuit et pourtant c’est comme si nous étions au grand jour. Pleine lune ? Non, nuit blanche. Nuit blanchie de la poudre inhalée, nuit autrement blanche. Les flocons se sont figés sous la douceur du froid et le ciel illuminé par la grande ville rose se teinte d’une roseur de jouvencelle. Le parquet laisse éclore sous mes pas la complainte de nombreuses décennies. Il est sombre et contraste avec cette ambiance de bal masqué. Des vies se sont épanchées sur ces lames de bois, nombreuses, sans doute. J’aime croire que des amants s’y sont aimés avec douceur parfois, avec violence d’autres fois, oscillants entre amour et haine, pudeur et décadence. Des vies qui ont laissé toutes ces traces visibles ou invisibles. Entre toutes ces lattes imparfaites, rayées par des objets d’hommes et de femmes, il reste forcément un peu de l’essence d’hommes et de femmes inconnus. J’ai la même pensée lorsque je regarde la grande poutre aux siècles ...
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