T'as voulu voir ma gueule et tu as vu ma gueule. T'as voulu avoir ma queue et tu as eu ma queue. J'ai voulu voir tes yeux et je n'ai vu qu'les cieux. J'ai voulu voir au d'là mais je n'ai vu qu'tes bras. Tes petits bras potelets, tes petites mains ciselées, la lumière tamisée, nos vêtements remisés. T'as voulu voir le monstre mais il n'avait pas d'montre. Il n'est pas v'nu cette nuit, resté tapi dans l'ombrage, la lumière le fait fuir, il ne sait pas bien luire. J'ai convoqué le diable, mais c'est un petit ange, lové contre mon ventre, qui m'a fait changé d'plan. Trop de lumière en toi, trop de clarté en moi, trop de soleil ce soir, on va se coucher tard. Ma main dans l'escarcelle, tes baisers sous l'aisselle, je te prends sous mon aile, tes lèvres au goût de sel, nous voilà bien en selle. Mais voilà qu'il est l'heure, l'heure de se prendre au leurre, des ombres dans la chambre, les rayons des persiennes, dans la piaule parisienne, trop de lumière sombre. J'ai voulu voir ta gueule et j'ai vu trop de larmes. J'ai voulu r'voir la nuit mais v'là le jour venu.
J’ai pris soin d’ouvrir en grand les rideaux du salon. Il fait nuit et pourtant c’est comme si nous étions au grand jour. Pleine lune ? Non, nuit blanche. Nuit blanchie de la poudre inhalée, nuit autrement blanche. Les flocons se sont figés sous la douceur du froid et le ciel illuminé par la grande ville rose se teinte d’une roseur de jouvencelle. Le parquet laisse éclore sous mes pas la complainte de nombreuses décennies. Il est sombre et contraste avec cette ambiance de bal masqué. Des vies se sont épanchées sur ces lames de bois, nombreuses, sans doute. J’aime croire que des amants s’y sont aimés avec douceur parfois, avec violence d’autres fois, oscillants entre amour et haine, pudeur et décadence. Des vies qui ont laissé toutes ces traces visibles ou invisibles. Entre toutes ces lattes imparfaites, rayées par des objets d’hommes et de femmes, il reste forcément un peu de l’essence d’hommes et de femmes inconnus. J’ai la même pensée lorsque je regarde la grande poutre aux siècles ...
Commentaires
Enregistrer un commentaire