Sous la lumière du matin, il y a le thé que tu as pris dans tes mains. La chaleur d'un soleil qui te berce comme le refuge d'une respiration. La caresse de la brise qui là haut au sommet de la montagne nous accorde sa douceur. Le silence du vallon dans le désert des chartreux et mon sexe qui respire sous l'écorce des arbres. Le sommeil dans l'herbe en terrasse face à la vieille ville millénaire, toi à côté quelque part dans tes pensées. Les lumières de la ville qui donnent la teinte orangée à la soirée que nous passons sous l'épais brouillard des perceptions multipliées. La blancheur de ta peau et tes souffles heureux qui fourmillent d'émotion sous le phrasé de mes doigts. La fraîcheur bienvenue des rues presque désertes qui nous offre la halte d'un citron qui s'ancrera dans nos mémoires longtemps. Les routes entre col, vallées et plaines et la journée que l'on allonge sans fin, sans se presser, prendre le temps sans baiser, sans étreinte, laissant à la nuit les frissons, la profondeur sans fin. Tu finiras par partir, l'hiver arrivera et c'est cette nuit que j'ai hâte de retrouver une fin d'été. Pour sentir à nouveau la lumière du matin sur la terrasse. La caresse de la brise des sommets. Le silence de la terre. La douceur des vallons. La quiétude de la nuit. L'acidité délicate du café de France. La fraîcheur des rues calmes. M'ancrer dans tes pas, dans les contrastes de ta lumière.
J’ai pris soin d’ouvrir en grand les rideaux du salon. Il fait nuit et pourtant c’est comme si nous étions au grand jour. Pleine lune ? Non, nuit blanche. Nuit blanchie de la poudre inhalée, nuit autrement blanche. Les flocons se sont figés sous la douceur du froid et le ciel illuminé par la grande ville rose se teinte d’une roseur de jouvencelle. Le parquet laisse éclore sous mes pas la complainte de nombreuses décennies. Il est sombre et contraste avec cette ambiance de bal masqué. Des vies se sont épanchées sur ces lames de bois, nombreuses, sans doute. J’aime croire que des amants s’y sont aimés avec douceur parfois, avec violence d’autres fois, oscillants entre amour et haine, pudeur et décadence. Des vies qui ont laissé toutes ces traces visibles ou invisibles. Entre toutes ces lattes imparfaites, rayées par des objets d’hommes et de femmes, il reste forcément un peu de l’essence d’hommes et de femmes inconnus. J’ai la même pensée lorsque je regarde la grande poutre aux siècles ...
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