Ta voix est douce. Ta voix est enveloppe. Ta voix est rivière chaude, limpide et cristalline. Ta voix est la nappe de brouillard qui orne la commissure de ton regard. Ta voix est vapeur suave qui traîne sur ta peau nue après la baise. Ta voix est ce fil d'Ariane où l'on se laisse perdre et sauvé, où l'on se laisse prendre, où l'on se laisse pendre suspendu non pas sur le vide, mais dans la moiteur de ton sexe. Ta voix est la trace qui guide jusqu'à ton con, jusqu'à ta bouche, jusqu'à mon foutre qui se déchaîne sur ton ventre tendre, doux, chaud comme la mie de pain que je sors les mains nues de la touffeur du four. Ta voix est lenteur, exagération de la chair, silence des murmures qui jamais ne tarissent. Ta voix est le râle, la rivière chargée de terre ocre qui drague la vase, la petite mort que je tire par la queue, la queue du diable, la putain traînant sur le fil, au plus loin de la nuit, au plus profond de mon ventre. Ta voix est celle que je baillonerai en vain, celle qui filera en épaisse bave sur tes seins, celle qui se faufilera dans les veines et qui ralentira le temps. Le temps qui n'est plus que ta voix. Le temps qui n'est plus qu'une ligne hésitante, un fil lâche et ténu. Ta voix me retient à toi, brise mes étreintes, rompt mes digues. Ta voix comme un liquide épais qui roule, qui s'amasse, qui rompt le barrage, un filet d'huile tiède qui devient le sirop nourrissant la profondeur de mes entrailles.
J’ai pris soin d’ouvrir en grand les rideaux du salon. Il fait nuit et pourtant c’est comme si nous étions au grand jour. Pleine lune ? Non, nuit blanche. Nuit blanchie de la poudre inhalée, nuit autrement blanche. Les flocons se sont figés sous la douceur du froid et le ciel illuminé par la grande ville rose se teinte d’une roseur de jouvencelle. Le parquet laisse éclore sous mes pas la complainte de nombreuses décennies. Il est sombre et contraste avec cette ambiance de bal masqué. Des vies se sont épanchées sur ces lames de bois, nombreuses, sans doute. J’aime croire que des amants s’y sont aimés avec douceur parfois, avec violence d’autres fois, oscillants entre amour et haine, pudeur et décadence. Des vies qui ont laissé toutes ces traces visibles ou invisibles. Entre toutes ces lattes imparfaites, rayées par des objets d’hommes et de femmes, il reste forcément un peu de l’essence d’hommes et de femmes inconnus. J’ai la même pensée lorsque je regarde la grande poutre aux siècles ...
Des mots alléchants qui donnent envie d'être cette voix... la voie de quelqu'un.
RépondreSupprimerLe chemin à parcourir de mille mots et la voie à cajoler de mille langues
SupprimerJ'adore cette voix musicale, mélodieuse, érotique, féminine, ...
RépondreSupprimerC'est une voix douce et délicate, profonde aussi
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