Abuse de moi ! Abuse de moi jusqu'à ce que ma queue ne parvienne plus jamais à bander tant tu en auras épuiser tous les secrets. Alors tu useras de mes mains, de mes doigts, de mon nez, de ma bouche, de mes lèvres, de ma langue, de mes orteils, de mes pieds, de mes talons, de mes genoux, de mon cul, de mon trou, de mes fesses, de mes hanches, de mes épaules, de mes coudes, de mes cuisses, de mon ventre, de ma chevelure, de ma salive, de mon foutre, de ma pisse, de mes poils, de la peau, de ma sueur, de mes pores. Alors, tu useras de toute partie de mon corps que tu pourras frotter contre toi, fourrer en toi, prendre en moi, boire, lécher, mordre, enluminer, savourer, déguster, respirer, pour satisfaire tes désirs d'abus de moi, pour étancher tes désirs de moi et des autres et me laisser ainsi me noyer chaque seconde en toi.
J’ai pris soin d’ouvrir en grand les rideaux du salon. Il fait nuit et pourtant c’est comme si nous étions au grand jour. Pleine lune ? Non, nuit blanche. Nuit blanchie de la poudre inhalée, nuit autrement blanche. Les flocons se sont figés sous la douceur du froid et le ciel illuminé par la grande ville rose se teinte d’une roseur de jouvencelle. Le parquet laisse éclore sous mes pas la complainte de nombreuses décennies. Il est sombre et contraste avec cette ambiance de bal masqué. Des vies se sont épanchées sur ces lames de bois, nombreuses, sans doute. J’aime croire que des amants s’y sont aimés avec douceur parfois, avec violence d’autres fois, oscillants entre amour et haine, pudeur et décadence. Des vies qui ont laissé toutes ces traces visibles ou invisibles. Entre toutes ces lattes imparfaites, rayées par des objets d’hommes et de femmes, il reste forcément un peu de l’essence d’hommes et de femmes inconnus. J’ai la même pensée lorsque je regarde la grande poutre aux siècles ...
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