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Le chemin sous l'humus (bis)

 A la lumière naissante de l'aurore, au bout du bout de la nuit


Je me suis dévêtu pour arpenter enfin nu l'asphalte de la rue


Et franchir la grille de fer forgée qui sépare le monde d'avant


Et celui de ce jour au delà du petit ru


Tu étais là allongée dans la rosée des herbes drues encore noire toute d'humidité vêtue


Je n'ai pas su dire qui de l'homme ou de la femme étais tu encore à cette heure


Mais j'ai su que de mon ventre nu je devais me donner sans cri sans hâte et sans bruit


Alors dans un même geste crue je suis devenu vague caressante


Ondoyant de mon flux ta terre lisse sous ma mue


J'ai frémi le long de mon sexe et j'ai su la jeune pousse sous le fruit mur


Coulant de murmures en murmures tu t'es gorgée à ton tour d'eau et de sucre à l'envie


Fourmillant en ton sein trouvant mon chemin sous l'humus


Tu avais deux sexes celui de l'homme et celui de la femme


Et ma bouche mandibule retenait en un dernier souffle la lumière de la lun


Sous ton croissant nacre suçant ta hampe tendue et léchant ta fente nue

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