Ta pisse a le goût des effluves boisées et lorsque je renifle ta main je plonge dans la forêt dans les senteurs de la terre, à la surface de ta peau, ta peau faite pour ma main, ta peau modelée sous mes doigts, ou la paume de ma main, mon empreinte faite pour se gorger de l'épaisseur de ta peau, ta peau dans laquelle, sous ton invite, je me fonds, je me forge, je me tapis, je fais terrier, nid, refuge, halte, léchant à l’envie, tapissant ton sexe de ma langue, ensevelissant tes chairs de la salive, j'enduis ton sexe. Ton sexe, tes aisselles, la paume de tes mains, tes cheveux, tes pieds que je lèche et déguste sont parfums de bois, fumée de hêtre, bois de cèdre, je te renifle, je te respire, je te sens, je te suis à la trace, je darde mon nez contre le tendre de ta peau, ma truffe devenue humide de tes sucs mêlés de salive, je respire à plein poumon et je lèche, je mordille, je te mange et me procure à la hâte un passage tendre entre tes poils, les poils de ton sexe, les poils de tes aisselles. J’en suis là à ne plus exister que dans l'instant, tout au festin de ta chair, voilà que je trouve le chemin de ton cul, et je te sens, et je te respire, et je te goûte, à te fourrer de ma langue, à déguster ton odeur plus forte, musquée, je salive à l'odeur de ta transpiration, je salive à n'être plus qu’une langue que tu appelles, je salive à parcourir tes boiseries la langue pendante, la queue dressée, le poil gras, les muscles bandés, prêt à mordre, à te bouffer la chatte, je veux laper encore, je veux aplatir ma face contre ton sexe, j’imprime ma langue partout en toi pour pouvoir y tatouer l’odeur de tes sous-bois, si tu le veux. Si tu le veux, on s’enferme à plonger salement dans nos parterres de ronces.
J’ai pris soin d’ouvrir en grand les rideaux du salon. Il fait nuit et pourtant c’est comme si nous étions au grand jour. Pleine lune ? Non, nuit blanche. Nuit blanchie de la poudre inhalée, nuit autrement blanche. Les flocons se sont figés sous la douceur du froid et le ciel illuminé par la grande ville rose se teinte d’une roseur de jouvencelle. Le parquet laisse éclore sous mes pas la complainte de nombreuses décennies. Il est sombre et contraste avec cette ambiance de bal masqué. Des vies se sont épanchées sur ces lames de bois, nombreuses, sans doute. J’aime croire que des amants s’y sont aimés avec douceur parfois, avec violence d’autres fois, oscillants entre amour et haine, pudeur et décadence. Des vies qui ont laissé toutes ces traces visibles ou invisibles. Entre toutes ces lattes imparfaites, rayées par des objets d’hommes et de femmes, il reste forcément un peu de l’essence d’hommes et de femmes inconnus. J’ai la même pensée lorsque je regarde la grande poutre aux siècles ...
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