Samedi premier janvier deux mille onze, nous n'avons pas tardé à mettre dans leur boite les quelques décorations de Noël qui ornaient le sapin. J'ai regardé cela de loin. L'heure de la sieste venue, toute la maisonnée dormait. Je me suis levé après quelques minutes de sommeil. Je me suis saisi de la pince coupante au manche épais et bleu et j'ai fait le travail. C'est ce que je fais chaque année. je me munis de cet ustensile non approprié et je coupe une à une les branches du sapin desséché. J'amasse les branches en un tas jusqu'à ce que le sapin se retrouve enfin nu, seulement orné des branches majeures qui auront dès lors perdues leurs ramifications. Ensuite je dispose ces branches dans quelques sacs poubelles avant de jeter le tout et de faire place nette. Habituellement j'attends les rois mages. Cette année je voulais que cela ne tarde pas. J'ai trouvé une compensation à sectionner les plus résistantes dans la petite douleur de mes jointures. Je coupais, je coupais, je coupais et à chaque coupe je songeais que je tuais. Je tuais le sapin. Je tuais la maisonnée.
J’ai pris soin d’ouvrir en grand les rideaux du salon. Il fait nuit et pourtant c’est comme si nous étions au grand jour. Pleine lune ? Non, nuit blanche. Nuit blanchie de la poudre inhalée, nuit autrement blanche. Les flocons se sont figés sous la douceur du froid et le ciel illuminé par la grande ville rose se teinte d’une roseur de jouvencelle. Le parquet laisse éclore sous mes pas la complainte de nombreuses décennies. Il est sombre et contraste avec cette ambiance de bal masqué. Des vies se sont épanchées sur ces lames de bois, nombreuses, sans doute. J’aime croire que des amants s’y sont aimés avec douceur parfois, avec violence d’autres fois, oscillants entre amour et haine, pudeur et décadence. Des vies qui ont laissé toutes ces traces visibles ou invisibles. Entre toutes ces lattes imparfaites, rayées par des objets d’hommes et de femmes, il reste forcément un peu de l’essence d’hommes et de femmes inconnus. J’ai la même pensée lorsque je regarde la grande poutre aux siècles ...

Un sapin ou une sapine? Ralalala, ça ressemble à un complexe de castration non résolu, Monsieur :p
RépondreSupprimerAllez courage, tout ira bien, bientôt.
...
RépondreSupprimerJ'ai lu, ce post et les précédents.
Je n'ose rien dire devant tant de douleur poignante, je trouverais incongru de dire quelque chose, d'autant plus que je ne vous "connais" pas depuis très longtemps.
Alors, simplement, mille pensées...