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Articles

Sur une musique de

T'as voulu voir ma gueule et tu as vu ma gueule. T'as voulu avoir ma queue et tu as eu ma queue. J'ai voulu voir tes yeux et je n'ai vu qu'les cieux. J'ai voulu voir au d'là mais je n'ai vu qu'tes bras. Tes petits bras potelets, tes petites mains ciselées, la lumière tamisée, nos vêtements remisés. T'as voulu voir le monstre mais il n'avait pas d'montre. Il n'est pas v'nu cette nuit,  resté tapi dans l'ombrage, la lumière le fait fuir, il ne sait pas bien luire. J'ai convoqué le diable, mais c'est un petit ange, lové contre mon ventre, qui m'a fait changé d'plan. Trop de lumière en toi, trop de clarté en moi, trop de soleil ce soir, on va se coucher tard. Ma main dans l'escarcelle, tes baisers sous l'aisselle, je te prends sous mon aile, tes lèvres au goût de sel, nous voilà bien en selle. Mais voilà qu'il est l'heure, l'heure de se prendre au leurre, des ombres dans la chambre, les rayons d...

Non, je n'aime pas Orléans

Hier soir j'ai découvert Orléans, à marcher dans la rue la nuit venue. Face au vent froid. Ville trop propre. Ville diffuse. Ville dont les restaurants ne savent proposer autre chose que des pizzas, des fondues savoyardes, des steaks frites et des plats Thaïs. J'ai marché vers la Loire. Souvenir e la ruisselle de mon Gerbier, du plateau ardéchois. Fleuve balafre ici, fleuve qui charrie les corps. Ville d'histoire sans histoires. Ville de symbole à sanctifier ou à conspuer. Au pied de Jeanne j'ai ressenti l'effroi. L'effroi qui s'accapare, qui étouffe. Le symbole de chacun, la haine, le rejet de la différence. Impressions partagées. Ce soir, il y avait une jeune femme. Cherchait elle à me séduire ? Un malaise en moi. Une tension. Au début, j'ai la sensation que ce malaise est lié au fait que je me sens dragué. Je n'aime pas cela. Il y a quelque chose de faux, de forcé dans ce jeu. Quelque chose pour m'attirer quelque part où je ne veux pas aller...

Le feu bleu

Comme chacun, je vis dans la terre. Dans les galeries, dans les sous sols, dans les cavités, dans les replis de la terre nous vivons, cachés et préservés par la morsure de l'astre de feu. Nous vivons ici depuis des temps immémoriaux. Nos racines sont profondes. Nous vivons en harmonie au sein de l'alliance de la félicité des clans. Nous grattons le sol, la terre, nous trions les pierres que nous entassons sur le bord de nos galeries pour fouiller plus loin et trouver de nouvelles pierres, dégager de nouvelles voies, permettre l'extension de notre petit peuple de la terre. Toujours plus loin. Glaise, schiste, terre noire, terre rouge, terre, terre, terres et pierres. En toutes directions. J'appartiens au clan de ceux qui trient et sculptent les pierres. Outillage pour nos cultures souterraines, objets cérémoniels pour nos coutumes, étais pour nos galeries, pierres de voûte pour nos demeures, protections contre les inondations des mauvaises saisons, armes contre les clans...

L'aube luit sans un sou

À la lutte sous le son de la flûte Le phallus à l'allure délurée Du déluge vient la luge sous le lustre Fluide grand vol dans les plumes Diluviennes viennent luire sous la lune Alitée aux rayons dans les pas Du puma ce soleil aux fêlures Lusophones elles sont lues par tes lèvres Lourds lents les pubis en écluses L'amulette totem l'alumette diffuse Si ludiques hypnotiques aux longs cils Lunatiques il n'a pu il n'a su Il n'a que la musique de ses muses Il illustre sa lubie de l'amour Mélusine et Lupin sous le fleuve Lutèce des altesses caresses Ces lettres de pluie sont chez lui La lumière qu'illuminent les joues dans la nuit L'aube luit sans un sou sous son joug

Sans nuances

Remake de l'extrait d'un chapitre de 50 nuances Je sursaute. Cela me cuit. Je retiens un juron. Un juron de plus. Putain, qu'est ce que cela me porte loin. Un autre coup. Un autre. Au dernier contact sur ma peau, la branche flexible et verte se casse. Le bruit reste gravé dans ma peau. Je le regarde faire. J'aime le regarder faire. Il me tourne autour. Ses pas bruissent dans les feuilles mortes qui jonchent le sol à l'odeur d'automne. Il a choisi son arbuste. Sans le moindre effort, il casse une courte branche, flexible, souple. Il en fend l'air. Je vois dans son regard le jeu. Le plaisir du jeu. Peut être aussi, et finalement sans doute, le plaisir d'imaginer ce qui va suivre. Me violenter, me torturer. Il bande. Son sexe paraît lourd. Sanguin. Veiné de toute part. Dans la lumière du la nuit étoilée, un objet étrange, doté de sa propre vie. Je crois voir des gouttes tomber au sol tandis qu'il s'approche à nouveau de moi. Je savoure ce spectac...

Je suis un monstre

Face à la glace, nu. J'ai tondu la barbe. Cette barbe blanche, châtain, parsemée d'éclairs roux. Je suis plus laid ainsi. En ce moment, lorsque je ferme les yeux. Je vois des visages d'hommes. Menaçants. Souriants. Ce sont des monstres. Ils ricanent. Je ne dors plus. Je passe mes nuits sur le canapé. Je me branle devant des films pornos. Tout y passe. La nuit, je ferme les yeux et je les vois. Je suis comme eux. Je suis un monstre parmi les monstres. Je me caresse pour les faire fuir. Ma main sur mon sexe dur. Et cela marche, ils disparaissent dans ma nuit. Se transforment en lapin. En bottes de carottes et betterave rouge. En chats aussi. En lune. Je les vois elles, et j'oublie que je suis un monstre. C'est le plaisir que m'offre le contact de mon sexe frotté contre mon slip. Je suis allé brûlé le sapin. C'est la première fois. Je l'ai chargé dans la voiture. Je devais l'emmener en déchetterie. C'est ce que j'ai dit à ma femme. Elle jouait ...

Comédie en trois baisers

" Elle était fort déshabillée, Et de grands arbres indiscrets Aux vitres penchaient leur feuillée Malinement, tout près, tout près. Assise sur ma grande chaise, Mi-nue, elle joignait les mains. Sur le plancher frissonnaient d’aise Ses petits pieds si fins, si fins. — Je regardai, couleur de cire Un petit rayon buissonnier Papillonner, comme un sourire Sur son beau sein, mouche au rosier. — Je baisai ses fines chevilles. Elle eut un long rire tris-mal Qui s’égrenait en claires trilles, Une risure de cristal… Les petits pieds sous la chemise Se sauvèrent : « Veux-tu finir ! » — La première audace permise, Le rire feignait de punir ! Arthur Rimbaud — Pauvrets palpitants sous ma lèvre, Je baisai doucement ses yeux : — Elle jeta sa tête mièvre En arrière : « Oh c’est encor mieux !… » « Monsieur, j’ai deux mots à te dire… » — Je lui jetai le reste au sein Dans un baiser, qui la fit rire D’un bon rire qui voulait bien… — Elle était fort déshabi...