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Articles

PornographieS

 Texte écrit pour le thème du mois de juillet 2024 "Pornographie" du groupe fetlife "Passion Écrire" ---------------- # Porno \pɔʁ.no\ Adjectif. Relatif à, qui appartient à la pornographie ou à l'extrême violence. Caractère obscène d'une oeuvre d'art ou littéraire. Nom masculin. Film pornographique ou d'extrême violence. Représentation (sous forme d'écrits, de dessins, de peintures, de photos, de spectacles, etc.) de choses obscènes, sans préoccupation artistique et avec l'intention délibérée de provoquer l'excitation sexuelle du public auquel elles sont destinées Porno vice, porno star, sur le canapé les yeux ébahis. Je veux voir. Voir ce qui ne se voit pas. Toujours regarder, sans plus cesser. Des hommes, des femmes, des cris et des râles, simulés, amplifiés, réels, au-delà de l'écran, le néant, l'anéantissement de toute volonté. Le néant qui dévore sans fin, qui te mène en bordure de toi, qui t'empare et te désempare. Panti...

La guerre sainte

Texte écrit sur le thème de août 2024 "une porte s'ouvre" du groupe fetlife Passion Écrire  ---------- Aujourd’hui nous sommes l’Assomption. Je devrais me réjouir de fêter notre Sainte Vierge. Mais aujourd’hui, j’ai peur. Ça fait 20 ans que je n’ai pas quitté ma piaule. Je l’appelle mon chez-moi depuis pas mal de temps maintenant. Parfois j’oublie pourquoi on m’a placé là. Parfois, je me dis juste, c’est chez moi. Ça n'a pas toujours été comme ça. Ma mémoire me rappelle encore des moments durs, des moments à me fracasser la tête contre les murs, à foutre en l’air le peu de chose que je pouvais balancer. Faire exploser l’horloge et ses aiguilles narquoises qui marquaient du bruit insoutenable des secondes tout le volume de la pièce. J’ai cru devenir fou. Je l’étais, sinon je ne serais pas là. La solitude a fini par étouffer toute once de rage en moi. Le temps, la solitude, le silence. Tout cela a fini par me laver, là où cela aurait pu me tuer. J’aurais voulu mourir, m...

Chienne

 Je suis allongée sur le dos Confortablement installée  Le crâne enfoncé dans la profondeur des plumes du coussin  Tu me regardes Je te regarde Je suis nue  Je bande fort parce que j'ai envie de toi  Je bande fort parce que ma bouche et ma langue se sont enfouies dans ton sexe à te dévorer  Je bande fort parce que voilà plus d'une heure, peut-être deux, que je suis absorbée par tout ce que je fais, tout ce que je te procure. Je suis chienne Tu me regardes  Je garde le silence et te regarde  Plongée en toi Tu es agenouillé entre mes cuisses  Tes genoux viennent toucher la peau de mes couilles Tu te mets à sourire dans le silence  Ce sourire vicieux qui fait rire tes yeux et illumine ton visage Tes seins sont beaux, ils pointent Le désir de les lécher et sucer en est douloureux Et ton sourire Est-ce que tu lis dans mes pensées ? Ce sourire qui me rend chaude  Je souris à mon tour Je veille à tenir ton regard Mes bras sont relevés au d...

Deux peaux

 Deux corps exténués par la longue journée de marche. Ils ne se sont pas mélangés sur le chemin, se frôlant par instant, se touchant par accident aussi, s’éloignant, se retrouvant, tanguant au gré des pas, pris par la houle du mouvement. Deux corps, deux êtres singuliers, différents, se reconnaissant sans trop de mots et se trouvant par instant, se rapprochant pas après pas, le temps s’écoule en nuages, en pluie, en forêt d’eucalyptus, en chatagnier séculaire, en paroles confiées, en moments de vérité. La pluie tombe, sous l’abri, ils se plongent, prennent soin dans l’allongement du jour, l’un de l’autre. Del cielo cae agua. Lluvia poderosa. Lavame lamente con agua fria. Y saca la pena de mi memoria. Deux corps l’un contre l’autre après une journée sous les nuages au bonheur de trouver les choses belles, simplement belles, possibles, souhaitées, sans trop de mots. Dans l'alcôve, bercé par le fracas des vagues sur la plage, dans la chaleur réconfortante de la chambre, une peau contr...

Je veux sucer

 J’aimerais sucer ma bite. Elle est douce, sa taille est sobre, elle est chaude et la caresser fait fleurir en moi toujours une sorte de quiétude, d’abandon serein et parfois d’excitation fiévreuse. Elle tient dans le creux de ma main. Le pourtour du gland est délicatement ourlé, il prend de l’ampleur après avoir joui. Elle m’apparaît démesurée dans le désir plein, lorsque je ne veux qu'une chose, jouir à n’en plus pouvoir. À la base du gland, le frein est formé d’un amas de chair, tendre et malléable, héritage de l’enfance et de la circoncision tardive, petit amas de chair aux sensations fulgurantes. Queue sensible à la moindre émotion. Je me saisis parfois du frein et le tire pour emporter toute ma chair. L'entrée du conduit urétral est une invitation à fourrer une langue. Lorsque la fièvre me prend c'est mon petit doigt que je viens parfois fracasser dans mon gland, l’aplatissant par le haut. Forcer le passage n’est pas une veine masturbation, dans ce délire là, quand il...

Popinée

 Clarysse distille les mots La parole douce et ténue Au compte goutte Elle écoute, elle l'écoute Sa parole tenue et le regard doux S'écoule dans ses yeux mangrove Protection de palétuviers Sourires timides et apaisants Retiennent l'eau douce et salée D'un regard de fougères  Tous deux obligés aux refuges Aux cachettes, aux baisers Secrets abrités du clan des tribus Elle a revêtu sa robe popinée Clarysse ne s'appartient plus

Tes larmes de joie

 Texte écrit pour la contrainte d'écriture du moi de mai 2024 [https://fetlife.com/groups/71593/posts/27350818][Terre] du groupe [https://fetlife.com/groups/71593][Passion Écrire] ------------------ J’ai plongé mes mains dans l’eau, puis dans le sable et enfin dans la terre. Abraser ta peau. J’ai recueilli la boue froide et collante sous mes pieds ainsi chaussés. Écraser ta joue. J’ai creusé au pied de l'arbre pour enserrer ses racines mises à nue, sous mes ongles son jus noir. Fourmiller ton ventre. J’ai frotté ma joue contre les écorces de mousse, à la base des arbres, à sentir le parfum de résine et d’humus. Lécher ton sexe. J’ai marché jusqu'à Sienne pour voir in situ la terre faite peinture, celle que j’applique sur ma main, pour la poser sur la toile encore blanche. Étaler ton foutre. J’ai gardé les traces orangées, violettes et noires du maquis minier calédonien, frottant encore et encore sans que rien ne parte. Te cracher au visage. J’ai rêvé pieds nus au contact du...

La mue de la langue

 Le réveil et ma langue, le réveil et ma queue dressée tendue, l'envie de souiller mes sous-vêtements à me branler de ta peau, de la respiration de ta peau, ta peau que je touche, ta peau sable mouvant qui m’engloutit comme une plante carnivore, me fait disparaître à lente digestion, me recouvrant de mille sucs enivrants, étouffants, sucs délictueux et monstrueux. Je vois ta peau et ta grotte. Je vois la paroi de ta cavité. J’en visualise la couleur, la texture, je sens son odeur. Et j’y glisse ma langue. Je ne peux rien faire face à ça. Je suis langue. Langue sur ta peau. Gueule de loup à la langue pendue. Tout mon être accueilli dans le douloureux forage de ma langue. Ma langue qui baise, ma langue qui te baise autant qu'elle me baise, je te bave. Je te bave la peau de ma langue que je détache de mon palais, ma langue que je dévisse de ma bouche et que je dépose sur ton corps. Je la regarde faire, non pas comme un spectateur, pas même comme un voyeur. Je la regarde faire et j...

Ta peau île

 Ta peau serpent engloutit mes derniers mots dans quelque chose qui les triture, les déforme, leur donne nouvelle forme et de ça je suis totalement liquéfié. Je deviens la lave qui s'écoule sur la croûte, ce n'est pas que j’en viens à l'effacement, non, c'est, je crois, une épiphanie. Je dis le mot sans le comprendre, sans être certain de sa définition, le cerveau et les plis du cortex encore sensibles de tes coups de queue, de ta langue animale, de tes griffures sur mon corps. Est-ce que je vais redescendre un jour ? Je suis dans ta peau, je m'y glisse si aisément et pourtant c'est difficile parce que cela me prend de toute part, cela m’emporte, loin et haut. Je me fonds en étant une version de moi au centuple, une boule d’émotions qui submerge et engloutit toutes mes pensées, je n'ai plus de limite, plus de barrière. Je me répands et devient la peau sur ta peau, la peau de lait que le feu fait frémir. Qui sommes nous, de quoi sommes nous faits pour être si...

Peau serpent

 Peau serpent orvets entre les foins Se lovent au creux de ma main Se niche là dans les multiples recoins Les yeux fermés sur les délices morsures Les yeux fermés sur tes lèvres gorgées Pissent autant que puisse dans ma bouche Sexe fouisse entre les plis suant de murmures A la surface plonge en profondeur Dans les odeurs de bois de fumée Court sous ta peau serpent affamé Me dévorant jusqu'à ce que de moi Il ne reste plus que toi Joie

Tes sous-bois

 Ta pisse a le goût des effluves boisées et lorsque je renifle ta main je plonge dans la forêt dans les senteurs de la terre, à la surface de ta peau, ta peau faite pour ma main, ta peau modelée sous mes doigts, ou la paume de ma main, mon empreinte faite pour se gorger de l'épaisseur de ta peau, ta peau dans laquelle, sous ton invite, je me fonds, je me forge, je me tapis, je fais terrier, nid, refuge, halte, léchant à l’envie, tapissant ton sexe de ma langue, ensevelissant tes chairs de la salive, j'enduis ton sexe. Ton sexe, tes aisselles, la paume de tes mains, tes cheveux, tes pieds que je lèche et déguste sont parfums de bois, fumée de hêtre, bois de cèdre, je te renifle, je te respire, je te sens, je te suis à la trace, je darde mon nez contre le tendre de ta peau, ma truffe devenue humide de tes sucs mêlés de salive, je respire à plein poumon et je lèche, je mordille, je te mange et me procure à la hâte un passage tendre entre tes poils, les poils de ton sexe, les poils...

En s'en calciner les neurones (entre sapio, se fourrer les mots)

Viens en moi, là Insère tes doigts, juste là, Entre les deux hémisphères, oui. Fais pénétrer tes mots Profondément dans mon cerveau Sers-toi de tes doigts Pour t'insérer en moi. Sucer mes doigts pour les fourrer de mots, les enfouir profondément dans ma gorge pour curer le fond de la besace, là où les mots s'entassent, sont sales, gratter, racler. Au bout de mes doigts des amas, des grappes de phrases, de son, d'images, des œufs prêts à éclore et des bombes incendiaires prêtes à te brûler le fond du cortex. La voie tu l'as offerte, tu l'as ouverte, mais j'écarte les chairs pour que ce ne soit pas facile, j'écrase les sillons de ton cortex, je dépose entre tes deux hémisphères toute la substance visqueuse qui s'est répandue de l'extrémité de mes doigts jusqu'à la pointe de mon coude. Rien n'est facile, ça frotte, ça brûle, ça déchire et te file des extases pas possible. Je te fiste le cerveau pour que, profondément, je parvienne à m'insére...

Se nouer le ventre

 L’attention à son comble, je ne pouvais te toucher, je n'osais te toucher, je ne dormirai pas, je ne te toucherai pas. Si ce n’est du regard, de l’écoute, de la plongée quelque part dans un monde. Dans l’ombre douce de la chambre tiède, au bruit de baise des voisins qui auraient pu aussi être ici avec nous, je t’écouterai respirer. Plus loin que les chants des oiseaux maritimes, j’écouterai ton souffle, je me délecterai des nids que tu crées, chatte cherchant à faire couche de la couette, rêveuse à ton confort. De ton visage et de ta peau je verrai peu de choses, trop d’ombres, trop sombre, ainsi va la nuit. Pourtant, je me fendrai les yeux à t’épier, fermant les miens par instants pour trouver un peu de repos et me nicher entre la brise de tes lèvres. Tantôt allongé sur le dos, à l'affût de tes bruits, je rêverai d’un cauchemar pour avoir le prétexte de poser ma main rassurante sur ton bras. Parfois, je me rapprocherai de la frontière de nos lits, des falaises pour un saut qu...

Graine pour la canopée de tes cris étouffés

 Texte écrit pour la contrainte des [https://fetlife.com/groups/71593/posts/27046321][23 mots] (ici en gras) du mois d'avril 2024, pour le groupe Passion Écrire  ------------- **Souvenir** de la nuit de demain émotions qui prennent **gorge** regorgent virevoltent **arrivées** sur le fil le saut vers la **gorge** escarpée les crocs acérés sur la corde en amas d’étourneaux qui prennent vol sans détours en nuages en torrents noircis d’eaux fortes sombres lourdes grondant lourds encore sans un tour pas même vers la **lumière** las comme cela allongée sur le banc pieds mollets cuisses jambes écartées étrange **désinvolture** offerte au voisinage du moment de l’instant de l’homme qui confie le sexe dans la main aux confins entre les doigts le poids qui glisse sans méprise l’emprise qui coupe la **morsure** sur le muscle l’intérieur de la cuisse le bleu fin arrondi presque tendre entre le pouce et l'index peau parsemée de **points** de croix de fils badines cousus plusieurs fois répé...

Un soir après 25 années de vie commune

 L'épouse : Je ne suis pas belle. Le mari : Tu es belle. Elle : Non, je ne suis pas belle. Lui : TU ES BELLE. Elle : Je ne suis pas belle. Lui : Pourquoi dis-tu cela ? Elle : Parce qu'à bientôt 48 ans personne ne m'a jamais draguée. Lui : Aurais-tu oublié ton amant éphémère ? Le client d'il y a quelques mois ? Cet autre jeune-homme, il y a quelques années. Elle : Je ne suis pas belle Lui : Pourquoi tu n'es pas belle ? Elle : Parce que personne ne me drague. Lui : Pourquoi personne ne te drague ? Elle : Parce que je ne suis pas belle. Lui : Ok, admettons que ce soit une hypothèse pour une partie des gens. Mais,.pour l'autre partie des gens qui te trouvent belle, pourquoi, comme tu sembles le penser, est-ce qu'il ne cherchent pas à te séduire ? Elle : Parce que je ne suis pas belle. Lui : Fais un effort. Elle : Je ne vois pas Lui : Est-ce qu'une hypothèse pourrait être liée au fait que tu ne les vois pas ces gens ? Que tu leur semble inaccessible ? Et que ...