Plaisirs

Le bruit des spaghettis que je casse
Ses soupirs lorsque ma langue glisse sur son cul
Croquer un spaghetti volé dans la cuisine
Pédaler comme un fou dans l'espoir de l'apercevoir sans être vu
Boire mon lait le matin et retrouver un goût d'enfance
Voir son visage lécher et téter avidement la pointe de mon sein érectile
Prendre un cacolac bien frais après une journée passée sous la chaleur poisseuse de l'été
Sentir mes doigts des heures durant après l'avoir fouillée
Marcher seul en direction des Pyrénées et les voir s'approcher de jour en jour
M'enfouir dans son cul lentement et y être accueilli avec une exquise douceur alors même que le passage semble tant redouté
M'allonger dans l'herbe la nuit et regarder la voute étoilée
Savoir qu'elle se trouve derrière cette porte
Réunir mes amis autour d'un bon repas
Lire qu'elle se fait baiser par son mari tout en m'adressant ce sms
Me sentir apaisé par les sourires et les rires de mes enfants
Lui faire l'amour avec une infinie tendresse
Observer la cambrure de son pied et céder à la contemplation
L'embrasser fougueusement comme une urgence irrépressible
Ecouter la musique au hasard des propositions tandis que je prends le temps de marcher en direction du bureau
Percevoir la douceur parfumée de sa peau noire en laissant mes doigts s'écouler
Ressentir la force magnétique d'un tableau et m'isoler du monde
Jouir tant de fois en toi que nos sexes en deviennent ultra sensibles
Penser à vous où que vous soyez
Me laisser envahir par les sensations vibrantes de mon cul investi
Ecouter un documentaire radiophonique et imaginer les possibles
Voir dans tes yeux noirs les désirs sombres de tes vices
Sourire de ces bonheurs minimes et vouloir donner aux autres
Heurter le fond de ton cul, ma main faisant saillie de ta gorges, ton corps arqué contre mon ventre
Traverser les dunes à cheval et tout d'un coup se sentir bien, juste ici
Faire glisser une plume dans le repli de votre sexe
Constater que vous m'allez bien
Claquer ton cul et le voir devenir rouge
Disposer des mots comme des petits cailloux sur ton chemin afin que ma ville irradie de ma présence
A ta demande, couper une branche fine et résistante et frapper trois fois sur ta peay
Te savoir aimer de tes enfants
Parvenir au sommet et me satisfaire de l'effort passé pour plonger dans la quiétude présente
T'entendre hurler de plaisir alors que ma main vient d'être engloutie par ton sexe avide
Dire je t'aime comme je vous aime, aimer toutes les significations de ces mots là
Me dire que la liste est infinie, qu'elle se conjugue à tous les temps, qu'elle se conjuguera tout le temps
Me sentir pute, salope, chienne, espérer qu'elle me le dise
Plonger en écriture et m'isoler en moi
...

Les voluptueux






Les voluptueux, Victor Prouvé, 1889
Musée des beaux arts
Nancy

L'arbre et la branche

- 36 ans -

Le hasard fait de jolies choses. Je n’avais connu presque personne depuis… depuis quand ? Depuis que je suis toute petite en fait.

- 6 ans -

A l’époque, j’aurais du être une petite fille, dans les yeux de mes petits camarades j’étais déjà une chose, un truc bizarre pas comme les autres enfants. C’étaient ces regards là qu’ils me renvoyaient tous. Je me souviens de mon premier jour dans cette école primaire. Un village où mes parents venaient d’emménager, avec moi dans leurs bagages. Évidemment, petite comme j’étais je n’avais pas eu mon mot à dire, et puis… je ne crois pas que l’on demande son avis à un enfant de 6 ans. En l’occurrence on ne m’avait pas demandé si je voulais quitter notre petit appartement en ville, mes quelques rares copains d’alors, mes marques, mes repères. On avait choisi pour moi. C’était pour mon bien, c’était plus pratique, l’air de la campagne me donnerait les forces dont j’avais besoin, la grande maison serait plus adaptée à mes déambulations maladroites. Je me demande bien encore de quelle force j’avais besoin. Quant au côté pratique, ça l’était surtout pour mes parents. Ma jambe ne se renforcerait pas d’un grand bol d’air frais. Ma jambe ne ferait que décliner d’années en années, quoi qu’il puisse se passer. Mes parents croyaient-ils vraiment en ces remèdes d’un autre âge ? Cachaient-ils en leur sein des enfants terrorisés par la peur de ce qui m’arrivait ? Moi je n’avais pas peur, j’étais comme ça, c’était ma vie.

Nous avons emménagé dans une grande maison, pas très éloignée de l’école. L’été s’est passé en me laissant le souvenir étrange des nuits passées au sous sol en attendant que la maison soit terminée. Lorsque j’y pense aujourd’hui, c’étaient des nuits de fantôme, des nuits d’été, de clair de lune. Il n’y avait pas encore les fenêtres, mon père avait installé des bâches de chantier transparentes en guise de rideau. C’étaient ces fantômes là que je regardais bouger la nuit alors que ma grande sœur et mes parents dormaient à mes côtés. Je ne dormais pas, je regardais, je rêvais d’une compagnie silencieuse, perceptible seulement par moi, un monde à ma mesure, un monde à mon idée. C’est ainsi que l’été se passa, en dehors du temps, espérant repousser la réalité, espérant vivre la nuit, dans mes rêves, lorsque tout le monde était ailleurs. L’été passé, les fantômes disparurent et le premier jour de classe dans ce petit village de campagne est inéluctablement arrivé.

J’appréhendais leur premier regard à eux tous. Ma mère était allée me présenter à la maîtresse une semaine avant la rentrée. Je n’ai presque pas de souvenir de cette dernière, elle était transparente, un peu comme mon père, jamais là dans les moments importants, jamais là… en fait. A mon arrivée, la maîtresse a accueilli ma mère, et donc moi par la même occasion, poids mort encombrant. Je me suis vite retrouvé seule avec cette jeune femme qui ne savait que faire de moi. Il est vrai que les autres enfants s’éparpillaient tous dans la cours, jouaient entre eux, couraient les uns après les autres. Aujourd’hui, je me dis que je ne devais pas être la seule à me sentir perdue. Pourtant je ne les ai pas vu ces autres enfants, pas tout de suite, pas ces jours là. La maîtresse devait-elle me guider au pied des autres maîtresses ou me laisser une chance de rencontrer les autres enfants ? Devait-elle me préserver des autres ou me laisser en pâture ? Mieux valait abandonner le poids mort et reprendre le cours normal de sa journée de travail. Je fus ainsi placée au milieu de cette grande cours goudronnée, calée contre le grand arbre, tout proche de l’arbre une petite fille assise dans un fauteuil, deux grandes roues, deux plus petites, un corps, une jambe normale, l’autre anormale. Autour, comme une toile abstraite et tournoyante, des silhouettes, des enfants, des garçons, des filles, des cris, des sons comme atrophiés par l’évanescence du temps. Ils tournaient autour de moi, tous indifférents à cet objet que l’on avait planté là. Seule et esseulée pour les quelques minutes qui me séparaient du retentissement de la cloche et du début de la journée. La scène et cette impression d’être ancrée à cet arbre, condamnée à être spectatrice du présent sans pouvoir y participer, sans pouvoir l’infléchir, tout cela, j’ai tellement eu l’impression de le revivre encore et toujours pendant toutes ces années d’enfance.

L’arbre… c’était ce pieu qui me condamnait à regarder les autres alors que je ne voulais qu’une chose m’envoler, courir, courir et encore courir. J’aurais aimé que la douleur de mes poumons, accumulée à force de courir, efface celle ressentie plus bas, car de marbre ma jambe n’avait que l’apparence, dessous l’écorce les nerfs étaient à vifs et la douleur trop fréquente.  Au lieu de ça, le manège se répétait sans cesse, j’étais comme un cheval aux jambes de bois, arrimée de haut en bas, traversée de part en part par une barre de bois, obligée de vivre en cercle, obligée de subir la présence de ceux qui venaient du delà du cercle sans ne rien pouvoir jamais faire, ou trop peu. La nuit me donnait l’occasion de gommer l’ancre, de m’en libérer et de voler retrouver la présence de mes fantômes chéris. Avec le temps mon arbre est devenu plus malléable, progrès de la technique médico-orthopédique, j’ai gagné une jambe, j’ai délaissé mon arbre et mon trône pour une béquille, une branche, un soutien vertical, enfin libre d’aller à ma guise, à mon rythme. Cette émancipation a coïncidé avec celle de mon corps, ce corps qui est devenu sociable, mon ami désormais, celui qui s’ouvrait, se déplissait, s’entrouvrait aux autres comme à mes mains. Caresses de vie, des sourires, des rencontres, ce corps érigeait ma différence comme preuve physique de ma liberté, ma liberté à être aimée, ma liberté d’aimer.

- 16 ans -

Je l’ai rencontré. Dix années plus grande. Dix années plus libre. Dix années pour commencer à comprendre que je n’étais pas seule. Je vous l’ai dit, le hasard fait de jolies choses. J’avais enfin convaincu mes parents d’emménager dans cette grande ville qui me permettrait d’être encore plus  autonome, profiter d’une vie normale, un peu plus noyée dans l’anonymat, et surtout proche du CHU que j’étais contrainte de fréquenter assidument. Une vie nouvelle en somme pour effacer l’ancienne. J’échappais aux heures de trajet en ambulance, ce qui n’était pas plus mal.  Je n’aimais pas tellement la bonne femme qui me servait de chauffeur. J’échappais aux regards braques des gens du cru. Je rompais avec dix années d’arbre. J’ai gardé malgré cela quelques liens avec mes amies d’alors, assez peu finalement. Je continue à voir parfois celles qui m’ont rejoint lorsqu’elles ont débuté leurs études. L’absence de ces liens créés à mon premier lycée ne me manquait pas plus que ça, je vais dire que je faisais avec, ou plutôt sans.

Comme je vous l’ai dit, le hasard fait de jolies choses. Je pourrais ajouter le mot « parfois », mais dire que le hasard fait parfois de jolies choses, cela ne revient-il pas au même ? Je l’ai rencontré, cela vaut toutes les fois du monde. Mon premier amant. Mon premier sexe d’homme. Mon premier cœur qui bat. Il était plus âgé que moi, suffisamment pour me doubler de dix bonnes années. J’étais assise à une terrasse de café, accompagnée par Alexandre Jardin, sa gaieté et sa folie. Me revenaient les échos des enfants du jardin de ville, comme de vieux fantômes désormais apprivoisés. Un été qui ne serait pas comme les autres. Aujourd’hui j’ai le souvenir d’un personnage qui s’appelait Fanny. Était-ce bien cela ? Je revois une cabane ? C’était une histoire d’enfance, ou plutôt un rêve d’enfant, une passion enfantine pour adulte. Cela me plaisait, me dire que mon enfance n’était pas uniquement celle que j’avais vécu, mais qu’elle pouvait aussi être celle des prochaines années. Je sortais à l’époque avec un jeune homme, un jeune homme vite oublié finalement. D’ailleurs, plongée dans mon livre, ma menthe bleue avait un arrière goût pas assez sucré et pas suffisamment poivré lorsque je songeais à ce que je vivais avec lui, et ce que l’île des gauchers me soufflait. Je savais que ce jeune homme là ne survivrait pas à ma rentrée, de toute façon c’est presque comme s’il était déjà parti puisqu’il devait suivre ses parents loin de ma nouvelle ville. De fait, j’ai survécu à un autre homme. Il n’avait rien de très beau, mais il m’a plu. Il a osé m’aborder à cette terrasse de café, osé m’extirper de mon livre pour regarder autour de moi. Il m’a simplement demandé si c’était un livre que je pourrais lui recommander, cela avait tout du stratagème, mais à l’époque j’ai aimé qu’un homme puisse prendre le risque de la discussion littéraire. Ma béquille était à terre, cachée à sa vue, mes défenses allégées par l’humeur estivale.

J’ai levé les yeux, j’avais décidé de feindre l’agacement pour ne rien montrer de cette curiosité qu’il venait de faire naître. Un agacement que je n’ai su faire durer plus de quelques secondes. Il était comme moi. Un fauteuil, deux grandes roues, deux petites roues. Il était comme moi et il n’en savait rien. Cette seule idée me conquérait totalement. C’était comme s’il m’avait désignée parce que j’étais celle qu’il attendait, sans qu’il n’en ait conscience. Nous avons longtemps discuté, au point que nos mots sont devenus naturels. Je volais. Je me sentais grisée par une ivresse que je n’avais jamais connue alors. Certaine de ce que je pouvais faire, dire, penser, émancipée et rayonnante dans tout ce que je lui laissais voir. Nous nous sommes quittés ce jour là avec la promesse de nous revoir le lendemain, même lieu, même heure. Il est parti avant moi, de sorte qu’il ne savait rien de la branche qui s’était substituée à l’arbre de ma naissance. J’ai passé une nuit agitée. Ressassant mille questions, mille scénarios. Repassant notre conversation en boucle. Changeant des mots dits pour en dire d’autres, déviant la réalité vers d’autres irréalités. Participant au plus vivant des cinémas intérieurs. Cette nuit là, mes rêves de caresses ont pris véritablement chair pour la première fois. Mes rêves furent fiévreux au point de me laisser sans force au petit matin, exténuée par des jouissances qui n’avaient jamais eues pareilles égales. Je commençais à me sentir femme, enfin. J’ai alors sombré jusqu’à ce que ma mère vienne me réveiller, peu avant l’heure du repas. A table, bercée par mon ailleurs, je m’étais demandé s’il fallait que j’arrive avant lui, prolonger l’image première qu’il s’était faite de moi, une jeune fille comme toutes les autres jeunes filles, ou lui laisser voir que ma démarche flirtait avec un équilibre précaire, enroulant la hanche autour de l’axe prescrit par ma branche, balançant ma jambe vers l’avant, chaloupant à gauche, redressant la barre à droite.

Je n’avais pas réussi à choisir. Je suis arrivée à l’heure. Il était déjà là, attablé, un demi déposé devant lui, son regard à demi clos et aveuglé par le soleil qui lui faisait front. Pourtant, il m’a vu. Il m’a reconnu. J’ai vu sur ses lèvres un sourire se dessiner, un sourire irradiant son visage parsemé d’une barbe négligée. J’ai su qu’il craignait ne pas me revoir. J’ai su qu’il avait si peur que mes jambes fuient les siennes une fois la surprise de cette première rencontre passée. Il avait eu la même peur que moi et c’est cette peur que son sourire effaçait une fois pour toute pour laisser naître une complicité qui se consumera plus tard dans le brasier de nos folies passionnées. J’avais abandonné une fois pour toute la petite fille. Nos corps ne nous appartenaient plus, ils vivaient par et pour eux même. La nuit je ne dormais pas, je rêvais de nous, des images jamais vues, des instantanés reptiliens s’immisçaient dans mes rêves, glissaient les uns sur les autres en un fondu envoutant, parfois violent, parfois doux et tendre. Mon sexe palpitait au rythme de ces images, toujours plus libre, jamais essoufflé. Je le voyais lui. Je me voyais moi. Nous. Moi et d’autres. Lui et d’autres. C’était un monde sans fin, un ailleurs que nous prolongions et nourrissions le jour lorsque nos peaux s’apprivoisaient, lorsque nos jambes se heurtaient, se frôlaient, lorsque mes seins fondaient entre ses lèvres, tiraillées par le baiser doux amer prodigué par ses dents gourmandes, avides, dévorantes. Je n’avais que 16 ans, je ne faisais que m’abandonner instinctivement à ce que cet homme produisait chez moi. Évidemment nos étreintes passionnées avaient mis quelques mois avant de s’installer entre nous. J’avais du découvrir mon corps, il avait été patient, un guide sensible, attentif, aimant, il avait su m’aider à repousser mes barrières, accepter que mon corps puisse être source de désir, accepter que ma jambe vive.

J’ai souvenir d’une journée où, chez lui, nous avions fait l’amour d’une façon particulièrement… violente, crue, une baise dure, puis tendre, renouvelée encore, encore, encore… A l’époque je n’aurais pas osé parler de baise, cette animalité prodiguée et subie, je devais voir et vivre ces scènes avec les yeux de l’amour pour pouvoir les accepter. Pourtant, c’était bien de cela dont il s’agissait déjà. Être objet, objet d’attention, récipient de désir et de plaisir, disponible à sa guise, à l’affut des caresses pour nourrir mes sens, ses sens, faire sens. Il m’avait prise dès mon arrivée. J’avais ouvert la porte, refermée ensuite et je l’avais vu nu sur son fauteuil, ses jambes frêles immobiles, insensibles, son sexe droit, puissant, sensible, long et dur. Jetée ma robe à bas, en bas, ôté mon petit bateau, dégrafé en haut. Je m’étais glissée sur son pieu, soupirante. J’avais coulissé son sexe dans ma chatte, fiévreuse et glissante. J’avais posé mes mains sur ses accoudoirs, des mains fortes, stables. Il ne bougeait pas. Je ne lui faisais pas face. Ses mains caressaient mes hanches en agrippant ma longue chevelure sauvage. Je me suis empalée sur sa queue à n’en plus finir, gémissant à chaque descente, à chaque montée. Il m’emplissait si étroitement, si longuement que, 20 ans après, j’ai toujours tatoué en moi le serpent de son sexe, en mon sexe une empreinte toujours recherchée, mémorisée en mon corps, comme moulée en moi. J’en souriais d’extase et de bonheur, et j’en souris encore. Il était fait pour moi, j’étais faite pour lui. J’aime me sentir prise entièrement sans demi-mesure, pleinement et profondément. J’aspirais son sexe, ma chatte le dévorait, le suçait et le recrachait, je le dégustais infiniment, doucement, lentement, comblée d’une gourmandise grandissante. Je l’enveloppais irrémédiablement, millimètre par millimètre. J’aurais voulu que chaque haut et chaque bas dure le temps d’une heure. Je l’entendais souffler, je l’entendais prononcer des mots que je n’aurais pas pu accepter avant, des mots qui me rendaient paradoxalement femme, libre, des souffles étroits, des soupirs souriants. Il ne bougeait pas et je donnais le rythme pour mieux me donner à lui. Je présidais au cérémonial, reine du banquet promise à son prince. J’ai rarement vécu si grande osmose. Nos corps transpiraient, mes mains devenaient tremblantes, après un long et délicieux moment, nous avons échoué sur le lit de son petit studio aménagé pour ne pas chuter sur le sol. Nous y avons jouis longtemps, longuement, souvent.

La journée s’est passée ainsi, et nous avons profité de la fraicheur offerte par la fin de journée pour nous évader en centre ville, profiter de glaces aux parfums de la ville, chartreuse, goût bulgare, miel, le jardin tout proche de notre première terrasse. Prolongé notre enfance du jour, régénératrice et insouciante, naissance d’une jolie femme à construire encore. Dans le tramway qui nous conduisit au retour, nous avons dansé, nous nous sommes amusés de nos objets métalliques, carcans longtemps subis, dès lors détournés. La barre centrale du wagon devenait un tout autre arbre, une liane qui devenait ma branche, en appui sur ma jambe, je décrivais des courbes invisibles. Il était derrière moi, assis sur son fauteuil, prêt à me protéger si l’équilibre venait à être momentanément rompu. Je me laissais vivre, comme une gitane aux cheveux indomptables, mon sourire laissait voir mes dents du bonheur, éclatante et décomplexée, je vivais le bonheur aux yeux de tous. Il a fini par appeler mes hanches, posant d’abord seulement ses mains dessus, ressentant l’onde qui me parcourait, l’amplifiant en ne faisant que me communiquer sa chaleur. Je frissonnais de bonheur et de plaisirs futurs, encore renouvelés, ré-insufflés. Ses mains m’ont enfin attirées à lui et je me suis installée sur ses jambes. J’ai senti son sexe à nouveau dur sous les tissus qui nous séparaient. Je ruisselais de vie et de bien être. Nous nous sommes amusés de nos corps différents, jouant de nos écorces différentes pour faire croire aux personnes présentes dans ce wagon que ma position était précaire, qu’il me fallait bouger pour trouver une stabilité nécessaire au transport de mon corps. Je cherchais mon arbre, mon pieu, mon chêne, je voulais qu’il pousse au travers du tissu, qu’il prenne à nouveau racine en moi. Mon visage était radieux, je rayonnais d’une lueur aveuglante. Je cherchais le regard des autres pour leur montrer que j’étais femme, déjà femme. Pour leur montrer ce vertige que je vivais, pour leur montrer que la petite fille n’avait jamais été un poids mort. Ils ne voyaient pas que notre danse était un prolongement de nos étreintes du jour, des prémices d’étreintes à venir, une danse fertile et créatrice, une baise ludique, un pied de nez. Je jubilais car nos corps nous donnaient l’alibi d’être incapables de sensualité. Je jubilais de ce pouvoir, de posséder un secret, une arme qui me servirait à conquérir plus tard d’autres hommes, un voile qu’il me suffirait de lever pour inviter des hommes à me posséder, à me faire femme parfaite entre leurs cuisses, une sensualité riche, obsédante, intrigante.

- 36 ans -

Dans mon regard fiévreux, j’ai croisé le sourire d’un homme, à l’époque il devait avoir l’âge que j’aborde aujourd’hui  Il doit être proche de la soixantaine désormais. Le temps passe vite mais les souvenirs restent indélébiles. Il m’a regardé, m’a souri, simplement. Son regard était rêveur, doux, chaleureux, compréhensif. Cet inconnu fut le seul ce soir là à voir au-delà de nos corps, au-delà de la jeune femme qui naissait. Il a vu la femme que je serai. Vingt années ont passé, cet amour ne se conjugue plus qu’au passé, mais ce qu’il a fait naître me fait vivre. Quant à ce sourire croisé ce soir là, je persiste à le chercher parmi les hommes anonymes que je croise, je suis certaine que mon fantôme reconnaîtrait la femme qu’il avait deviné alors, la jolie pousse en devenir.

Monkey_terre

La courbe sans fin

4h30
Nuit courte, alcoolisée
Toujours la même chose
Vers la fin de la courbe
Le réveil, l'inconfort
J'ai soif
Mais j'ai surtout cette idée en tête
Pas encore sobre, une pensée très précise
Redondante
Elle ne me laissera pas tranquille
Alors je me lève
Me branle dans la cuisine
Lumière douce, chaude
Sol chaud, presque bois

Envie de frotter ma queue contre votre sexe jusqu'à ce que mon sperme se répande contre votre chatte et s'étale sur votre peau. Je lècherai votre con ensuite pour finir par vous baiser la bouche de ma langue vorace.

J'ai envie

J'ai envie
J'ai envie de devenir la Bienheureuse
Me frotter contre ce qui est à portée de main
Contre une jambe, un flanc, le tissu de mon jean, la vitre de ma douche, le matelas de mon lit, contre le cul de cette femme dans la rue, contre ta chatte poilue et baveuse.
J'ai envie de fesser de petits culs. J'ai envie de rougir de gros cul. Longtemps, chaudement, avec malice et beaucoup de vice. J'ai envie de sentir la moiteur d'un ventre allongé sur mes cuisses tandis que mes mains claqueraient sur la peau tendre.
J'ai ces vices en moi et j'ai envie de les nourrir, de les laisser éclore. Envie de sucer un homme en même temps qu'une femme. Envie de m'appliquer et d'en prendre soin, envie que l'on m'apprenne. J'ai envie de baises à trois, à quatre. Envie que tu me suces tandis que je la lèche, que tu me suces tandis que je le suce. Envie de m'assoir sur ton joli visage pour y poser mon cul et sentir ta langue fouiner au plus loin.
J'ai envie d'entendre tes saloperies, que tu me dises à l'oreille d'un ton sans concession
salope!
je vais te rendre bienheureuse, oui!
prends mon doigt dans ton cul!
fous-le dans ton cul, mon doigt, petite enculée en chaleur!

J'ai envie
J'ai envie que tu me baises le cul, que tu t'enfonces en moi. Creuses ton sillon avec ta bite factice, ouvre-moi le cul de ta langue, de tes doigts, de ta queue. Vas-y doucement, augmente le rythme quand tu me sentiras parti. Travaille moi. Laisse moi pantelant, vicieux, bien heureux, rend moi liquide, liquéfie mon cerveau, fais le suinter de cette luxure enveloppante. Regarde ma queue, regarde comme elle perle, ces filets qui s'échappent à chacun de tes coups de reins.
Je suis un jolie petite chienne en chaleur. Alors rends moi chienne un peu plus encore tandis que nous baisons, tandis que je te traite de même avec toute la tendresse et le vice dont je suis capable. Parce que j'ai envie.

Contrastes


Trois jours. Trois jours, trois matins. Trois fois ma main droite sur mon sexe. Déposer le laiteux dans ma paume. Droite. L'apposer au bas de mon ventre. Sensation froide sur ma peau, vite oubliée, vite absorbée par le 37°2 du sang qui me donne vie. Plaquer la main gauche, rejoindre la droite. Appliquer. En cercle s'éloignant de leur base, recouvrant mon corps de traces blanches, mousses éparses sur ma nudité, deux mains qui caressent. Circuit quotidien. Remontant mon corps pour venir au siège de mes pensées, hypophyse stimulée, libido mode on, coulant sur mes épaules pour tomber vers mon cul. La main gauche poursuis sur les jambes, revient dans mon cul. La main droite ne s'est pas perdue. Elle a pris queue. Ne la lâche plus. Elle serre la base, ne monte pas, rétracte le membre, fait gonfler les bourses. Je sens une boule de sensation. Infime mais déjà irradiante. Elle assiège mes songes et les éclairs se font.


Toi. Femme des légendes. Je te montre un arbre, un arbre au tronc fin, un chêne, il rompt la pente et recueille derrière lui trois bûches. Sa peau est râpeuse et tu l'enserres. Je baisse ton vêtement ample. Décidé, je baisse ta culotte de jeune fille. Et ta lune se fait caresser par l'astre automnal, juste pour nous. Derrière nous le ponton et l'étang. Une branche blanche, légère, rigide. Trois fois. Trois marques sur ton cul. Six parures rouges, blanche entre les parallèles. Le bois se rompt. Je regarde autour. Je romps une branche, l'effile, l'effeuille. Tu n'as pas bougé, tes bras t'unissent à la sève. Tes lèvres dégorgent de jus. Je fouille en toi. Trois fois encore. Trois coups cinglant, brûlant et ton corps qui ne tient plus sa place. Je t'assois sur les bûches et je me branle face à toi. Mon sexe ample. Mon gland gorgé de sang, de plus en plus. Regarde. Ma droiture. Je contracte mes muscles, tend la peau et m'échappe en jets qui viendront heurter ton haut noir. Blanc immédiatement bu par le tissu. Inauguration. Je fais couler mon lait dans ma paume gauche. Ma main droite serrant la base. Ma main regorge de vie, déborde et inonde le sol. J'entends les goûtes tomber dans les feuilles mortes.


J'entends les gouttes se noyer sur l'émail de la douche. Mes pieds ont pris une couleur bleue. Écho des veines saillantes de ma queue encore animale, assaillie de vie. Le gland est rouge, ma peau est rouge, une mousse blanche parsème ma main, une écume entre le pouce et l'index, je recouvre doucement mon souffle. La chaleur n'est plus en moi, elle est en dehors, sur ma peau. Contraste avec la fraîcheur de la salle de bain refroidissant eau et mousse sur mon corps. Je reprends le jet. Rince ma peau pour devenir propre. Arrêt. L'eau ne coule plus que sur mon corps. Je plie les bras, ramène mes mains sur mes épaules. Des gouttes roulent sur mes avant bras, courent jusqu'aux coudes, je les place au dessus de mon sexe et des gouttes fraîches viennent mourir sur mon sexe gorgé de vie et de chaleur. Tu es là, ici, en moi, avec moi et pourtant tu vis ailleurs.

Novembre 2010

Écoute ton coeur


Manciet


C'est moi. Réveille-toi. Debout! Viens! J'ai besoin des craquements de tes vingt ans. J'ai besoin de ta main dans la mienne.
Sois-moi complice. Lève-toi. J'ai besoin de marcher avec toi dans la nuit. Ardemment. Marcher en silence en bousculant des formes,
des vents, des nuages de parfums, des clartés qui passent. Marcher longtemps, le coeur en marche, les dents serrées.
Les routes et les pierres et les arbres. Et le coeur en marche dans la nuit.
Le coeur dans la gorge et les dents serrées.
Tu le sais bien où nous allons.....Tu t'imaginais que nous allions cueillir les boutons de roses et d'aurore?
Tu crois que j'avais besoin de toi pour trouver l'autre? Alors pourquoi me demander où nous allons.
Et moi, tu crois que je le sais? Pourquoi donc veux-tu le savoir?
Allez, marche, sinon jamais nous n'arriverons.
Tais-toi. Et marche.Tu parles d'étoiles? Où ça, des étoiles?
Il n'y a pas d'étoiles. Je te répète qu'il n'existe pas d'étoiles. Une seule existe, marcher. Il faut marcher. Marcher à tout prix.
Aurais-je besoin de toi, pour voir des étoiles?

Accidents - Bernard Manciet

Maso quezaco

Et là, elle m'écrit "Sinon, ok, t'es maso... mais tu sembles connaître tes mécanismes." Intérieurement, je me dis "Maso ? c'est bizarre. Mais pourquoi diable me dit-elle que je suis maso ?". Je referme le message. J'y pense, j'y repense. Et je finis par me dire "Maso ? mais quezaco ?". Bon, ok, le masochisme est la recherche du plaisir dans la douleur. Jusque là, je n'apprends pas grand chose. Mais encore ?

Je lis rapidement quelques articles sur le sujet.

Conseil de lecture à ceux qui peuvent me lire, si vous n'avez pas envie que je me dévoile un peu devant vous, ne soyez pas tentés de lire la suite.

Des souvenirs affleurent :
Des séances intensives de vélo tandis que je songeais à sa souffrance à elle.
Boire fontaine et me retenir longtemps pour lui offrir cet hommage.
Me couper par accident, voir l'épaisseur de ma peau en coupe et sentir palpiter mon sang et songer à elle.
Avoir envie de rééditer cette coupure pour l'offrir à ma Reine
Marcher et marcher encore, des heures durant et poursuivre encore plus l'intensité de l'effort alors que mes forces s'amenuisent. Terminer heureux, pris de frissons que je n'arrive pas à empêcher tant mes effort m'ont conduit au bout.
Savoir qu'elle a passé une nuit avec un  de ses amis à prendre rail de poudre blanche sur rail de poudre blanche, sentir le désir grimper en moi tandis que je m'imagine entraîner dans cette folie.
Chercher à ce que mon cul soit plein, forcer le passage à en avoir mal et penser ce que ce soit elle qui me prenne enfin, elle qui puisse s'amuser à ce qu'elle souhaite.
Lire quelques jolis supplices d'une blogueuse à l'un de ses amants et sentir mon plaisir monter.

Je poursuis ma lecture. Pêle-mêle :
L'humain a toujours eu besoin d'idoles, de messes, de cérémonies. Le masochisme est une expérience mystique. Le jeu masochiste lui permet de rentrer dans un autre état de conscience. Et, l'espace d'un moment devenir l'esclave qu'il n'est pas dans la vie réelle. De même que Clifford Bishop confirme que la flagellation ou tout autre procédé semblable est utilisée pour unir l'esprit humain au divin. On peut l'employer aussi pour unir des esprits humains entre eux. Le masochiste sexuel est prêt à acheter son plaisir fugace avec la gêne de la torture et même de sa vie. En prévoyant les appréciations futures, sûr des éloges de la postérité, il savoure des extases divines. Toute l'histoire de l'humanité dans son oppression sociale et religieuse a son pendant dans l'univers masochiste festif. Les hommes inventent des arrière-mondes. Si le masochiste moral est dans la pulsion de mort, le masochiste érogène est, lui, dans la pulsion de vie, dans le masochisme gardien de la vie.  Le masochiste social ignore le plus souvent qu'il est masochiste, Il se met en position de subir ses malheurs dans la vie ordinaire. Alors que le masochiste érogène connait presque toujours son état.

Revenons à cette première affirmation "Sinon, ok, tu es maso... mais tu sembles connaître tes mécanismes". Ouf sauvé, le "masochisme érogène connait presque toujours son état". C'est juste que je n'avais jamais posé en un mot ce qui pouvait en englober plusieurs. Et là je comprends le cheminement d'une bonne quinzaine d'années pour sans doute passer d'un masochisme social que je subissais sans être capable d'en percevoir les fondements, au jeu choisi d'un masochisme cantonné à la sphère érogène. C'est tout de même bien mieux ainsi.

Je songe à nombre de mes écrits, vers la chambre close, en terre morte, la putain de Dieu, les traces sombres de ses ailes, le buveur d'encre, neige d'été, comme le diable rit,  les corps incomplets, l'arbre et la branche et sans doute d'autres encore.

Alors ? Masochiste ? Moi ? C'est bien possible, mais érogène s'il vous plait, et surtout, mais pas que.

L'étoile

"L'étoile a pleuré rose au cœur de tes oreilles,
L'infini roulé blanc de ta nuque à tes reins
La mer a perlé rousse à tes mammes vermeilles
Et l'Homme saigné noir à ton flanc souverain."



Arthur Rimbaud

Vue sur la lande

Posté au pied de l'escalier, d'un geste tendre et serein, je vous invite à prendre les devants en vous tendant la main. Je vous suis et devine sous votre robe votre dos musclé, votre nuque offerte et votre cul ferme et roulant sous mes yeux. Nous entrons dans la seule pièce qui s'offre à nous. Dehors la nature semble en suspend. De cette chambre une vaste baie vitrée s'ouvre sur l'Aubrac comme un rectangle posé à mi hauteur, un tableau vivant et immense dans une grande pièce intime. Battu par les vents, le paysage alterne entre lande verte, ruisseaux anarchiques, horizons camaïeux, gris et bleus. L'herbe s'époumone des vents frais qui caressent en cette fin de printemps le plateau des grands espaces. L'impression de fraicheur tranche avec la chaleur tendre de la maison chauffée par la belle cheminée. Dans la pièce une baignoire ovoïde de granit blanc teintée de gris léger trône dans la grande chambre totalement ouverte sur le paysage. Je me cale contre vous, vous dominant d'une presque tête. Mes bras vous enlacent et vous respirent. Votre visage cherche mes lèvres et votre petite langue serpente jusqu'à la mienne, gourmande et vivace. La distance s'efface progressivement. Enfin seuls nous pouvons nous rendre libres de ces barrières invisibles qui bien malgré nous s'étaient instaurées tout à l'heure lorsque nous nous sommes rejoints dans ce restaurant tant recherché. Vous me faites reculer jusqu'à m'assoir sur le bord du lit et, à mes pieds, vous vous penchez sur mes chaussures de cuir noir en me regardant d'un air décidé et diablotin. Votre regard est noir. Vous ne dites rien. Tous les outrages nous sont permis. Je suis un peu gêné car je me mets à vous imaginer léchant ce cuir noir, je sais que vous en seriez capable, par désir, provocation ou don symbolique. Mais je ne veux pas cela. Dehors le vent redouble, nous l'entendons par saccade. Vous ne faites de rien de ce que mon esprit venait esquisser et cette gêne s'envole aussitôt lorsque chacune de mes chaussure me sera ôtée par vos mains délicates et tactiles. Viennent les chaussettes et enfin votre bouche suçant mes orteils sans perdre rien de mon visage bien heureux qui s'offre maintenant sans fard. Vous me provoquez d'un air de défi. Aucun mot. Tout est dit. Vous mènerez comme je mène. Nous irons où nos désirs luxuriants nous mèneront. Je me laisse faire. J'apprécie ce que vous m'offrez. Non pas parce que vous êtes à mes pieds. Je le suis après tout tout autant que vous et mon cul me rappelle qu'il vous espère depuis longtemps. Non, j'apprécie car vous êtes suave, vous êtes sexe, vous êtes douceur et démence, contemplation et excitation, vous êtes pute, catin, bien aimée et distinguée, intelligente, lumineuse, câline, douce et encore plus sombre encore. Orageuse et voluptueuse. Nous pouvons être tous ceux que nous sommes. Je finis par mettre fin aux délices que vous prodiguiez à mes pieds, la queue bandante cachée sous le tissu de mon jean, votre langue traine sur le rebord de vos lèvres qui demandent l'outrage.

Vous restez dans un premier temps assise sur le sol rêche de fines nattes tressées tandis que je me dirige vers la baignoire pour faire couler un bain chaud. J'y glisse quelques larges coulée de bain moussant. Goutte une fois de plus la température pour trouver celle qui saura dans quelques minutes parfaitement vous envelopper durant l'heure qui débute à l'instant. Je finis par me retourner. Vous êtes debout, toujours vêtue, face à la baie de nature. Le cul en arrière et le buste penché vers l'avant tandis que vos mains sont posées de part et d'autres du long rebord qui parcours la pièce en longueur et marque le début de la baie vitrée. Joueuse provocatrice, un brin narquoise. J'ai envie de vous fesser le cul, mais je n'en ferai rien, du moins pour l'instant. Je viens poser mes mains sur vos hanches. M'agenouille cette  fois à vos pieds pour ôter vos petits escarpins, remonter papillonner sous le tissu de votre jupe libre et crocheter vos bas noirs. Vos jambes s'écartent. Ma joue contre votre cul, je suis à votre écoute. Mes mains roulent un à un vos bas sur vos chevilles. Je me place face à vous pour soulever vos pieds et enlever délicatement le nylon qui caresse votre peau. Mes mains s'attardent sur vos pieds, elles soulève l'un d'entre eux pour le poser sur ma queue et vous offrir un léger massage qui part du plat et remonte jusqu'à vos mollets. Vous êtes maintenant nue sous le tissu de votre robe estivale. Je laisse place à votre autre jambe et vous voilà à imprimer un mouvement de pression sur mon sexe tandis que cette fois ma main s'épanche sans transition dans votre con satiné. Une humidité chaude vient nous entourer tandis que la baignoire se remplit à grand flot. Je me relève, vous embrasse en vous suçant la langue et vous demande de ne pas bouger.

"Profitez du paysage, s'il vous plait".

J'arrête l'eau. Le bain est vaste, il saura vous engloutir complètement. Je traverse la pièce pour prendre divers objets qui j'espère vous plairont. Un gel lubrifiant assez épais. Un large gant. Une huile lavante au parfum d'argan. Un plug métallique argenté de belle taille. Une paire de ciseaux de couture. Une crème apaisante pour le corps. Et le vent qui souffle en rafale pour finir par nous emporter.

Je reviens vers vous. Passe une main sur le tissu de votre robe, de votre ventre à vos seins, pour finir sur votre gorge en un baiser mordant d'une autre main entre vos cuisses. Nos respirations se mêlent. Je veux voir votre cul et vous le demande. Vous paraissez à votre tour gênée. Surpris, je vous réponds goguenard que vous n'allez pas réussir à me le cacher très longtemps. Vous acquiescez presque timide. Je remonte le bas de votre robe et dénude votre cul.

"Installez-vous. Cambrez votre cul. Regardez le paysage et laissez vous envahir".

Une fois bien disposée, je retrousse le tissu de votre robe. Vue imprenable. Je me recule, sensation d'assister au dévoilement d'une œuvre d'art éphémère. Votre peau est bronzée, votre cul est démentiellement désirable. Je me retiens une fois de plus de le faire rougir. L'image de votre joue calée contre la vitre, votre regard perdu en vous devant l'immensité de la vue, vos lèvres entrouvertes formant un petit nuage éphémère à chaque expiration et souffle provoqué par mes mains claquant votre cul... Plus tard, plus tard... Je prends le flacon de lubrifiant et me mets à fourrer votre cul de mes doigts dans une facilité déconcertante tant il me semble vous ne devriez pas avoir l'habitude d'être prise de la sorte. D'un doigt puis de plusieurs j'arpente votre chair invisible et vous travaille en douceur mais sans concession. J'aime votre respiration. De temps en temps votre corps tressaille un peu plus et vous prononcez un joli "putain" en mordant vos lèvres tant le plaisir vous envahit. Mes doigts se retirent pour laisser place à la pointe du plug, je constate un nouveau frisson irradier l'intérieur de vos fesses et vos muscles se tendre avec un peu d'appréhension. Je poursuis ma pression et lentement je vois la surface de l'objet enfoncer d'abord votre cul, cela dure longtemps pour enfin le voir cette fois absorbé, comme accueilli, enveloppé par le pourtour élastique de votre parfait petit anus. Toujours très lentement, je poursuis ma route et subitement le voilà avalé et d'un râle grave vous l'accueillez en vous. J'imprime à l'extrémité de l'objet métallique un mouvement circulaire de droite et de gauche pour vous attendrir encore un peu plus, puis je le tire en posant ma main gauche sur le bas de vos reins. Je le tire jusqu'à ce qu'il sorte complètement, lèche votre cul palpitant et recommence ma jolie besogne à vous travailler ainsi. Le plug rentre cette fois un peu plus facilement et je ne vois plus l'objet enfoncer votre séant, mais bien votre anus avaler plus ouvertement le petit jeu que je vous offre. Je recommence encore une ou deux fois avant de m'aviser de vous mettre au bain. J'ai veillé tout à l'heure à ce que l'eau soit plus chaude que de besoin pour qu'elle puisse être à bonne température à cet instant même, il ne faudrait pas que je m'attarde trop. Je vous demande d'enlever votre robe et vous voilà seulement vêtue d'un soutien gorge tandis que je vous regarde dos à la fenêtre. Vous vous êtes vêtue sans surprise d'un soutien gorge brassière façon joggeuse, ceux que vous affectionnez tant pour leur confort, leur douceur et la chaleur qu'il vous procure à vous étreindre comme une seconde peau. Je prends la paire de ciseau de couture et m'avance vers vous. Je pose le bord des lames dans votre dos, juste au dessus de la brassière et remonte jusqu'à votre nuque. J'aime la musique des deux lames lorsqu'elles s'ouvrent et se ferment, c'est ce son que je fais glisser à votre oreille. J'en profite pour couper une ou deux mèches, que je répands comme des petites chatouilles sur vos épaules. Je fais le tour de vous comme si j'étais coiffeur, ou peut-être bien couturier. Je vous contemple, si forte dans votre désir, vous me souriez, vous aimez chacune des attentions que j'ai pour vous. Je me colle contre votre ventre, l'une de mes cuisses calée entre vos jambes, je pointe la paire de ciseaux et son métal froid entre votre peau et la jonction de tissu qui tient fermement vos deux seins. Sans perdre rien de votre regard je coupe d'un mouvement sec de ma main et fini par embrasser la pointe  de vos seins avec gourmandise. A nouveau votre souffle reprends sa petite chanson de gémissement et votre bassin vient se frotter contre ma cuisses. Vous venez de laisser quelques traces de votre mouille sur mon jean. Il fait une chaleur terrible.

Je vous donne la main et vous invite à vous glisser dans l'eau toujours chaude qui vous accueille et vous enveloppe. Je me saisis du gant et utilise la mousse qui vous cache pour la diluer sur votre corps athlétique. Nous sommes bien. Je vais prendre soin de vous. J'abandonne rapidement le gant pour mieux épouser votre corps de mes mains agiles en lavant chaque parcelle de votre corps dans une  infinie tendresse tandis que dehors le vent s'est calmé et la lumière du soleil faiblit doucement. Je prends mon temps avant d'enlever la bonde pour que vous reveniez peu à peu à la pesanteur de l'air chaud. J'enduis mes mains d'une huile lavante et je commence par votre front, vos joues, votre nuque, vos épaules et chaque once de peau qui dévoilée par la ligne d'eau s'offre à mon regard, jusqu'à m'attarder sur la partie basse de votre corps et tout particulièrement votre chatte qui outre l'eau s'échappant me laisse passer que vous bavez littéralement tant la différence de texture est abondante et contraste avec celle de l'eau légère et immatérielle. Il est temps de vous faire sortir de la baignoire avant que vous ne finissiez par prendre froid. Je vous accueille comme une petite poupée en vous enveloppant dans une serviette épaisse, moelleuse et chaude. J'éponge plus que je ne frotte, je ne veux pas brusquer votre peau, je ne veux être pour elle que douceur et envahissement de chaleur. Je m'agenouille à vos pieds et viens finir de vous nettoyer entre vos cuisses, je m'amuse à vous lécher et à vous renifler comme le ferai un chien en chaleur, bien encouragé par votre respiration et la chanson de vos gémissement, tout particulièrement lorsque ma langue vient suivre le pourtour de votre peau située au contact du plug. Une fois conduite au bord de l'extase, je cesse mon petit jeu pour regarder votre visage et vos lèvres entrouvertes, les ombres qui s'en échappent dans cette lumière clair obscur de la fin du jour. J'approche de vous un petit tabouret et vous invite à vous y assoir. Je sèche vos cheveux noirs et courts avec le souffle chaud et bruyant du un sèche cheveux pour finir par faire de même avec votre sexe. Vint enfin le moment d’apposer cette crème hydratante que j'ai choisi pour son parfum tendre comme l'air après la mousson. Là encore je m'attarde à attendrir votre peau, je vous vois fermer les yeux tant vous vous sentez relaxée et parfaitement détendue ainsi soignée comme une poupée précieuse et rare. Je masse longuement pour que votre corps soit hydraté en profondeur pour que mon toucher s'imprime en vous sous la peau, pour que vous deveniez matière tendre et malléable, à ma main. Sur le meuble qui vous fait face trône, érectile, un tube de rouge à lèvre ainsi qu'un flacon de parfum, je suis certain que lorsque vous vous êtes assise sur le tabouret vous l'avez vu. Vous a t il interpellé ? Vous devez l'avoir totalement oublié après cette longue séance de massage ou mes mains ont déroulé tout leur savoir faire.

"Fermez les yeux".

Je me saisis du tube de rouge à lèvre, rouge éclatant, chanel, tout comme le parfum. Une petite fortune en soi. Je déroule le tube pour m'approcher de vos lèvres, en dépose sur la lèvre du bas, délicatement, ma main tremble légèrement mais reste précise dans son geste. Vous ne faites aucun geste, pas même de surprise, ces longs préparatifs ont du vous rendre parfaitement offerte à tous mes vices et délices. Je vous demande de décorer le restant de votre bouche avec, d'ouvrir les yeux et de regarder maintenant comme votre sexe glabre sait être tout aussi distingué que vos jolies lèvres. Je dessine vos lèvres charnelles comme une seconde bouche distinguée, gourmande et vorace. Il ne me reste plus qu'à vous parfumer et vous voilà prête, totalement offerte.

"Ah, j'oubliais, relevez-vous. Voilà. Penchez-vous."

J'ôte le plug sans trop de ménagement. Vous sursautez après cette longue douceur, mon dernier geste n'a pas été ménagé. Un peu d'eau tiède s'écoule de votre cul.
J'ouvre la porte du petit meuble, en sors un collier de cuir. Large. Avec un anneau en son centre. Ainsi qu'une laisse en métal argenté.

"Vous voulez bien ?"
Vous me souriez. Parfaitement prête à vous offrir aux fruits de mon imaginaire débridé.

"Oh que oui !" Me lancez vous d'un air joyeux et plein d'envie.

J'installe cela et après un dernier baiser, je finis par glisser à votre oreille.

"Maintenant que je vous ai apprêtée comme une reine, vous voilà prête à subir tous les outrages. J'espère que vous avez faim. Je me suis permis d'inviter au festin une dizaine d'hommes, ils vous attendent en bas depuis quelque temps. Je pense qu'il vont être comblés."

"Moi aussi"

La laisse se tend.

Vue du ciel

J'aurais bien aimé être l'auteur de la photo, mais moi dimanche soir j'étais chez moi, dans mon appart bien douillet.
D'ailleurs si vous regardez bien, vous pourrez même voir mon chez moi !



Aux quatre vents

Ecoutez cette musique, ne faites rien d'autre.
Fermez les yeux, laissez-vous envahir.
Ouvrez-vous aux quatre vents, laissez-vous guider.
Votre imaginaire fera la reste.

Confiez-nous ici, ou chez vous, le chemin que vos pensées auront emprunté.
Je vous confierai alors mon chemin.


Méditations

[...] Laissez-moi employer le vocabulaire de la guerre. J’aime ce vocabulaire : je fais la guerre, j’attaque, c’est ainsi que j’essaie de vivre.

Mais je fais la guerre à moi-même, pour me désarmer.

Pour lutter efficacement contre la guerre, contre le mal, il faut savoir intérioriser la guerre pour vaincre en soi le mal. Il faut mener la guerre la plus dure, c’est la guerre contre soi-même. Il faut arriver à se désarmer.

J’ai mené cette guerre pendant des années, elle a été terrible.
Mais maintenant je suis désarmé. Je n’ai plus peur de rien, car «
l’amour chasse la peur ». Je suis désarmé de la volonté d’avoir raison, de me justifier en disqualifiant les autres. Je ne suis
plus sur mes gardes, jalousement crispé sur mes richesses. J’accueille et je partage. Je ne tiens pas particulièrement à mes idées, à mes projets. Si l’on m’en présente de meilleurs, ou plutôt non, pas meilleurs mais bons, j’accepte sans regrets. J’ai renoncé au comparatif. Ce qui est bon, vrai, réel est toujours pour moi le meilleur. C’est pourquoi je n’ai plus peur. Quand on n’a plus rien, on n’a plus peur.



Si l’on se désarme, si l’on se dépossède, si l’on s’ouvre au Dieu-Homme, qui fait toutes choses nouvelles, alors, Lui, efface le mauvais passé et nous rend un temps neuf où tout est possible.




Patriarche Athénagoras
Extrait de : Dialogues avec le patriarche Athénagoras par Olivier Clément

En nous

"Nous ne pouvons regarder qu'en nous-mêmes pour découvrir ce que nous sommes vraiment et ce que nous voulons."

Walter Bonati

Soyons à nos côtés


Maud,
Vous ne pouvez-vous imaginer l’émoi qui a été le mien tout à l’heure au dîner. Toute cette après-midi, j’ai eu envie de poser sur vous le regard d’un homme touché par votre simplicité, votre énergie, ce mélange entre douceur et force, le regard d’un homme qui au fil des heures passées à vous écouter parler commençait à s’imaginer pouvoir coller son corps contre votre peau dénudée. Vous ne pouvez imaginer Maud à quel point, à l’issue de notre après-midi de travail j’espérais pouvoir rester auprès de vous. J’en étais fébrile, les collègues me parlaient sans que je ne sois capable d’être attentif à ce qu’ils me disaient. Vous étiez en retrait du groupe, au téléphone, vous étiez expressive, totalement à ce que vous faisiez, et pendant que les autres me parlaient, moi je restais le regard posé sur vous, sur votre visage. Je suis descendu sur vos seins, ces seins que je devine lourd et doux comme du satin. Ces seins que j’imagine déjà prendre à pleine bouche pour les téter goulument, les saisir dans mes mains et vous téter à tirer votre peau douce au fond de ma bouche. Maud, vous n’imaginerez jamais que mon sexe s’est mis à grossir alors que j’étais dans ce hall impersonnel assailli par les collègues mais tout à mes rêveries de vous. Je n’ai rien montré de tout cela, mais avez-vous toutefois ressenti comme j’avais envie de vous. Non pas uniquement de vous au sens strictement charnel, mais de vous aussi par l’esprit, vous connaître, vous apprendre, vous comprendre, vous découvrir, m’émerveiller de la femme que vous êtes, vous offrir ce qui me porte, les lieux que je côtoie, les paysages qui m’environnent. Je crois que cela pourrait se résumer en quelques mots qui disent tout « être à vos côtés ».
Nous avons pris le chemin du restaurant, j’ai dû suivre le groupe, contraint. Vous vous étiez toujours au téléphone, derrière nous, plus nous avancions et plus vous preniez du retard. Sonia me tenait la pâte, me parlait de je ne sais plus quoi. Mon dieu comme j’ai eu envie de la planter là pour vous attendre. Mais enfin, cela ne se fait pas.  J’espérais au fond de moi que je vous retrouverai en face de moi au restaurant. Je me prenais même à imaginer qu’il n’y avait pas suffisamment de place et que nous nous trouvions tous les deux isolés à une table à l’écart. Scénario guère plausible, je vous l’avoue. Marc est un bon logisticien, il sait choisir les restaurants et veiller à ce que tous nous puissions y trouver notre compte. Justement, Marc, lui avait su se faire oublier, parti après nous, je le voyais maintenant à vos côtés. Marc, tu n’as pas le droit. Maud, imaginez comme je l’enviais ! Lui, le beau mec, typé méditerranéen, sans doute un corps finement dessiné, plein d’assurance et moi qui ne savait que faire, comment faire, qui imaginais toute sorte de possibilité sans oser en saisir une. Je me retrouvais l’instant d’une pensée devant le sas des toilettes du restaurant, à genoux sur le sol en train de lécher copieusement votre sexe frémissant. Ou sentant votre pied appuyer sur le tissu de mon costume de soie, à cet endroit précis qui irradie mon cerveau et mon corps. Et si je vous suivais aux toilettes sans que vous ne vous en rendiez compte ? Je griffonnerai mon numéro de téléphone personnel et le glisserai sous la porte anonymement, espérant que vous soyez curieuse de découvrir celui qui se cache derrière ce petit papier. Et si tout simplement, à l’issue du repas je vous proposais de prendre un verre avec moi, de vous raccompagner à votre hôtel ? Mais d’autres se grefferaient sans doute à nous, imaginez si vous aviez fait suivre l’invitation, cette torture que vous m’auriez infligé. Alors j’ai préféré ne rien faire, me dire qu’il fallait que j’attendre, que cela passerait. Après tout, ne suis-je pas un peu fou à me laisser aller, à me sentir attirer par une femme tant par le cœur d’aimer que par le désir de baiser, une femme que je ne connaissais pas avant ce début d’après-midi ? Oui, je vire midinette, cela ne devrait pas me correspondre, moi qui aime posséder, prendre mon dû, dominer les femmes.
Oui, Maud, je ne veux pas me cacher de ce que j’aime. Par cette lettre vous me découvrez, un peu fou, très, trop peut-être ? Par cette lettre, je m’offre à vous sans ombre. Vous prendrez peur sans doute. Mais j’en ai marre de garder pour moi ce qui me touche, je veux rendre et dire ce qui me touche. Maud, vous me touchez. Vous m’avez touché lorsque vous avez choisi de vous installer en face de moi, cela n’était sans doute qu’un hasard, mais je l’espérais tant que mon cœur a fait un bond et mon visage neutre as du rayonné d’un vaste sourire. Et notre discussion qui ne concernait que nous. Les autres parlaient de travail, nous participions peu à la conversation, nous faisions quelques grimaces entendues pour protester ou souligner la parole de l’un ou de l’autre. Connivence simple, naturelle. Maud, voilà plusieurs semaines que nous nous écrivons, toujours au sujet du travail, pourtant il y a toujours un échange sur nos vies respect ives, sur ce que nous sommes. Nous avons conservé cette simplicité et j’ai envie de vous confier ce désir irrépressible d’être avec vous. J’y pense fréquemment. J’espère vos messages. J’espère aussi étonnamment vos silences car je sais que même s’ils peuvent être long, ils seront un jour rompu par vos mots, et que ces mots je les accueillerai toujours avec espoir. Hier, nous avons fait notre réunion Skype et votre débardeur m’offrait un merveilleux décolleté. Je me suis retenu de vous demander de sortir vos seins de votre débardeur, de les caresser, de me montrer comment vous les caresseriez si vous étiez seule chez vous. Il y avait un miroir sur le côté de votre étagère et je vous ai imaginé un gode de belle taille fiché dans votre cul démoniaque, un autre enfoui dans votre chatte baveuse, vous sur votre lit, au-dessus de votre miroir, vous baisant dans un rodéo endiablé. Maud, cela ne vous étonnera pas, mais je jouis de vous depuis des semaines. Certaines nuits me conduisent à jouir dans mes rêves et de constater dans un demi-sommeil que mon éjaculation était bien réelle. Maud, tout chez vous me donne envie de vous baiser, de vous aimer, de vous attendrir, de prendre soin de vous, de vous malmener, de vous prendre. Tout chez vous me donne envie de me laisser aller, de m’offrir à vous, que vous me baisiez aussi, profondément. Tout chez vous me fait osciller entre animalité débridée et tendresse infinie.
Maud, cette lettre sera peut-être sans réponse pour mille raison. Parce que vous me prendrez pour un fou, un taré, un obsessionnel, un dépravé, un homme déviant, instable, immature, dangereux, par ce que vous considèrerez que vous ne ressentez rien de cela, parce que je peux ne pas vous plaire, parce que je me suis fait tous les films du monde et que je suis rêveur et naïf, parce que vous êtes mariée, parce que je me trompe de femme, que vous n’avez aucune envie de vous investir dans une relation que je ne saurais définir, parce que nous n’habitons pas la même ville, parce que j’entretiens de nombreuses relations, parce que j’aime l’idée du sexe débridé, l’idée que l’osmose peut nous conduire à la luxure, à la transgression, parce qu’aimer c’est aussi savoir explorer à deux les ombres qui gisent en nous, parce que je suis un homme quelconque, au physique quelconque, aux passions quelconques, parce que vous vous êtes la vie, la force, la vitalité, l’éros qui enchante le monde, oui vous pouvez choisir chacune de ses raisons pour ne rien me répondre ou pour me jeter. Mais je ne veux plus me cacher, je ne veux plus vivre cette dernière scène du restaurant où je regrette amèrement de ne pas vous avoir proposé de rester avec moi, où je me retrouve seul comme un con à rentrer chez moi alors que j’apprendrai le lendemain qu’en rentrant à votre hôtel avec Sonia vous avez fini par aller faire une belle fiesta dans un club qui avait tous les airs d’un club libertins.
Maud, j’aimerais pouvoir être à vos côtés. M’endormir nu contre vous, mon buste contre votre dos, mon sexe contre vos fesses charnues, une main sur votre poitrine délicieuse, mon visage dans le parfum de votre cou. Maud, j’aimerais me réveiller, ne serait-ce qu’une nuit en bandant contre vous, glisser mon sexe entre vos lèvres et vous réveiller ainsi doucement lentement, croitre de plus en plus en vous, vous emmener du rêve à la réalité, repartir avec vous dans le rêve.
Maud, soyons à nos côtés.

 

Bien à vous

Raphaël

Les parties de nous

« Mais que fais tu ?
Ho la salope !
La belle Salope !
Oh oui ! Quelle sacrée chienne !
Oh la Chienne
Oh oui ! »

Tu m'as rendu animal. A moins que je ne me rende dans cet état seul. Ces mots sont sortis sans que je ne cherche à les empêcher. Je sais que cela fait un peu trop pour toi, je sais qu'à cet instant, bien que tu continues ce que tu as entrepris, tu commences à t'éloigner. J'ai fait varier ma ligne sans que la tienne ne me suive. Je sais tout cela, mais j'ai poursuivi la direction de ma propre trajectoire. A vrai dire, en cet instant je m'en fous royalement. Ce que tu me fais m'a fait être celui-là et je n'ai pas honte d'être celui-là.

Tout a commencé doucement. Toi assise au bord du lit, c'est ton dos que je vois, le temps de t'allonger et j'aperçois tes beaux seins que j'aime tant. Je tourne la clef doucement, presque sans bruit. A cet instant, les jeux sont faits. Tu sais ce que cela signifie, tu ne protestes pas, c'est donc que notre sieste débutera par nos jouissances respectives. Je te rejoins, mon corps est chaud et le tien vient faire barrage au mien, tes genoux contre mes cuisses. Ma main caresse doucement ton corps. A notre habitude, nous ne disons rien. Les mots te déconcentrent. Tu es comme une fleur aux pétales larges, un peu trop de vent et tes pétales pourraient s'envoler. Je pose un doigt à l'orée de ton pubis. Je descends. Mon index s'immisce entre tes lèvres et vient se poser sur ton clitoris encore tout petit. Tu mouilles, un peu, toujours peu. Mes lèvres se referment sur la pointe de ton sein gauche, j'aspire tout en formant une bague de mes dents, je varie la pression, la tension, ma langue accompagne ce baiser si particulier, et ton souffle qui se fait entendre plus densément. Nous ne disons rien. Tu te tournes vers le chevet. Je sais ce que tu vas faire. Prendre le petit flacon de lubrifiant, compagnon indispensable de nos ébats. Allongée sur le dos, tu déposes de larges gouttes sur ton bouton charnu. Je sais ce que tu attends, que je te caresse de mes trois doigts serrés, que j'étale cette texture fraiche, légèrement épaisse et persistante sur ton clitoris, que je te caresse ainsi jusqu'à ce que ton orgasme vienne. Nous nous connaissons depuis longtemps. Nous savons toujours quelle sera la chute. Je trouve que nous baisons parfaitement bien, que nous savons précisément ce que l'autre aime, ce à quoi il réagit, ce qui lui fera monter la pression. Tu n'es pas très diserte sur ces choses là, tu n'es pas très diserte sur beaucoup de choses. Je sais que tu ne m'ouvriras jamais vraiment les ombres que tu portes, que tu ne les révéleras à personne. Tu ne te trouves pas douée en amour, et si mon rapport à la sexualité est particulier, le tien garde un secret que tu n'es pas prête à regarder. Cela ne me gêne plus car ce que nous sommes dans ces instants me comble. Nous sommes emportés l'un et l'autre. Un jour, alors que je te disais que nous étions doués pour la baise, tu m'as confié que tu ne te pensais pas douée, qu'il te fallait toujours les mêmes ingrédients, procéder toujours de la même façon pour parvenir à ressentir du plaisir et à jouir. Tu ne m'en as pas dit d'avantage. Je n'ai pas pu te dire que faire l'amour ou baiser était différent selon le partenaire avec qui nous sommes. Tu n'aurais pas pu l'entendre. Cela me fascine toujours de constater que je fais l'amour totalement différemment selon la femme avec qui je suis. Je me révèle chaque fois à moi. Et la somme de tous ces hommes me laisse entendre que si chaque autre met à jour une nouvelle façon d'être dans l'intime, une nouvelle combinaison c'est aussi sans doute que je me découvre un peu plus à chaque fois, que je m'étends dans un domaine quasi infini dépendant non seulement de moi, mais aussi de ce que l'autre nous transmet.

Alors que je te caressais et que ton plaisir montait, tu me branlais de ta main gauche. Je me suis réhaussé dans le lit de façon à t'offrir mon téton droit. Je t'ai vu écarter de ta main droite quelques poils pour te mettre à lécher mon sein. Nous savons l'un comme l'autre l'effet que cela produit en nous. J'ai fait fleurir quelques pousses dans ton oreille en te chuchotant de faire bander mes seins. Alors ta main a abandonné mon sexe et se sont mises à pincer et à tirer la pointe de mes seins pour les faire passer de la quasi invisibilité à des boutons charnus tirant vers le haut. Dans ces situations mon cul demande. Mon cul demande à être pris. Mon bassin se met en mouvement et mon gland vient frotter contre ta hanche. Je deviens chien, en chaleur. J'ai fait mine de ramener mon sexe au niveau de ta bouche, t'enjambant, le genou gauche sur le matelas, le pied droit posé de l'autre côté de ton visage, la cuisse à l'horizontale. Tu t'es mise à lécher la peau de mes couilles. Sans attendre, mes soupirs de contentement se sont fait entendre, et plus tu les entendais, plus tu étais à ce que tu faisais. L'envie que ta langue vienne lécher tout aussi copieusement mon cul fleuri m'a pris comme d'habitude. J'ai enfoncé mes couilles contre ton visage. Tu as bien cherché à venir lécher mon sexe, ta langue est venue frétiller contre mon frein. Tu sais parfaitement que si tu insistes trop à cet endroit là je jouirai sans pouvoir me retenir, alors j'ai posé ma main sur ta gorge et t'ai fait comprendre sans mot que c'était les couilles qu'il fallait lécher, bouffer, contenter. Mes mains se sont posées sur tes seins et j'ai tenu prise sur tes tétons, les tirant, les tournant, les tordant, les serrant. Tu t'es mises dans une entreprise que je ne connaissais pas, prenant entre tes lèvres la peau de ma bourse droite et la tirant vers le bas exagérément. Cela pinçait, je ressentais une petite irradiation qui se propageait dans ma queue. C'était bon. Encore plus bon de te voir affamée et excitée au point de m'offrir cette nouveauté.

« Cela te plait ? »
et tu me répondais « oui », un oui dans une tonalité de voix qui disait ton emportement, ton envie de retourner dans la mêlée, de me bouffer les couilles. Alors c'est l'une de mes testicules, celle dont la peau venait d'être démesurément tirée entre tes lèvres que tu as sucé entre tes lèvres, l'absorbant totalement et la tirant vers le bas. Mon dieu quelle vision parfaite que de te voir ainsi, toi qui ne te trouves pas douée pour l'amour, tu es capable d'emprunter des chemins sans te rendre compte qu'ils sont en toi. Et c'est là que mes mots ont jailli au moment même où je cédais à cette tension de mon sexe, cette tension de la peau qui tirant vers le bas tend aussi la chair de mon gland, la chair de mon frein et que le sperme se met à jaillir en longs jets.

« Mais que fais tu ?
Ho la salope !
La belle salope !
Oh oui ! Quelle sacrée chienne ! »
Oh, la chienne
Oh oui ! »

Je me suis répandu sur ta peau dans un état second, un état d'animalité. J'avais jouis ce matin sous la douche en de longs jets aussi. Le cul rempli par un petit gode, me baisant parfaitement en faisant rentrer ce vit dans mon cul ouvert, inclinant le gode rouge en moi de façon à venir titiller de l'intérieur les racines de ma queue, c'était bon, j'avais espéré jouir de cela sans me caresser. J'avais l'impression que je pouvais éjaculer ainsi sans toucher à mon sexe, d'ailleurs deux gouttes translucides avaient bavé de mon sexe pour s'échouer sur le sol de la douche alors que j'étais accroupi, une main posée devant moi dans un équilibre précaire, l'autre faisant agir la queue de substitution que je prêtais à une femme. C'était bon de voir qu'une deuxième fois dans la journée je jouissais encore copieusement. Emporté par ce plaisir nouveau, par la nouveauté que tu me prodiguais et par cette vision même, je n'avais alors que faire de ce que tu pouvais penser et ressentir. Je voyais mon sperme se répandre sur ta gorge, ton épaule et le haut de ton sein et j'avais encore plus envie de te baiser. Cela formait comme un beau tatouage japonais, j'ai pensé cela, pourtant il n'y avait pas vraiment de lien avec un dragon qui aurait pu envahir le rectangle gauche de ton corps. Moi qui habituellement voit la pensée de lécher mon sperme s'envoler au moment même ou j'éjacule, cette fois je voulais toujours te lécher, me lécher et t'embrasser. Je l'ai fait et tu t'es éloignée encore un peu plus de ton chemin tout en me laissant souverain à ma route.

« Je vais continuer à te baiser »
Continuer, oui. Continuer, car habituellement je me serais allongé à ton côté et je t'aurais caressée pour te faire jouir à ton tour. Je sais très bien que tu ressens peu de chose lorsque tu es prise. Mais peu m'importais. J'étais maître en mon chemin. Il restait, comme toujours, un peu d'empressement dans tes gestes pour m'ouvrir tes cuisses, comme si la déviation de ton esprit n'avait pas encore eu prise totalement. Elle n'a pas tardé à se faire plus courbe. Je te prenais, le sexe toujours dur, et ma langue est venue deux fois te lécher copieusement pour venir ensuite t'embrasser avec fougue. Du sperme venait couler sur le côté de tes lèvres, s'échouant sur ton menton. Je me suis calmé doucement, cela n'a pas dû durer plus d'une minute ou deux. Tu n'étais plus vraiment là. J'ai ri alors que j'étais encore en toi, le sexe à l'arrêt toujours bien raide. J'ai ri et je t'ai demandé.

« Mais que m'as tu fait ? » dans un sourire détendu
Tu m'as souri
« pffff , je t'ai perdu un peu n'est-ce pas ?»
« oui »
« alors, je vais m'occuper de toi maintenant »
« tu peux aller me chercher une serviette ? je suis toute collante »
« oui, j'y vais », alors en faisant mine de sortir du lit mes bourses se sont rappelées à moi, une petite douleur persistante dans l'aîne. Tout en riant de cette douleur, je te disais encore.
« mon dieu, mais que m'as tu fait ?! »
Je t'ai souri encore, et tu m'as rendu un peu ton sourire.
Ces sourires effaçaient un peu de ta gêne, mais pas tout à fait. Tu es en train de dormir, et je pense qu'à ton réveil, cette gêne sera toujours présente, peut-être plus grande. Pendant quelques jours, il me faudra être doux, prévenant, à ton écoute. Il me faudra éviter de te montrer cette facette un peu trop frontale à ton goût. Cette facette qui dans le sexe peut parfois te transporter inconsciemment loin de celle que tu aimerais rester, celle qui te transporte aussi dans tes zones d'ombres, celle que tu n'oseras jamais vraiment regarder en face, celle dont tu ne me parleras jamais, dont tu emporteras, je pense dans ta tombe comme ces phobies que tu dis exister en toi. Ces phobies dont je ne perçois rien et dont tu ne dis rien, absolument rien.

Je suis revenu avec la serviette en omettant de fermer à clef la porte. Tu m'as rappelé qu'il fallait la fermer. Les enfants. Tu étais donc toujours disposée à recevoir ton plaisir. Un nouveau rituel a débuté, une fois essuyé mon sperme, ma main gauche a fait son office, mon souffle était saccadé car j'aime te donner ton plaisir. Je mordillais tes seins quand ta main est venue chercher caresse à mon sexe encore gonflé mais plus aussi dur. D'un ton gourmand, je te demandais :
« Tu as envie de le sucer ? »
tu me répondais « oui » d'un ton d'une discrète timidité, un peu honteuse, mais gourmande.

Je continuais à te caresser en transposant mon corps vers ton visage et l'orgasme t'a surpris avant même que je ne fasse la moitié du chemin. Puis vint ton corps contre le mien, pour un court instant de tendresse et de silence avant que tu ne t'éloignes de moi pour sombrer dans une longue sieste et peut-être dans des rêves érotiques que tu ne me confieras pas. Longtemps, tout ce que je viens d'écrire pouvait produire en moi frustration et honte. Frustration que tu n'acceptes pas ce qui fait partie de toi. Sensation aussi de honte que ton regard portait sur moi, car ce que je fais parfois quand je t'aime et te baise c'est après coup pour toi quelque chose du domaine du sale. Et je me croyais sale et déviant. Tu penses cela sans doute de moins moins, mais toujours un peu. Je ne le pense plus du tout. Je me sens normalement déviant, voir même délicieusement déviant car je suis parfaitement sensoriel, capable d'apprécier ce qui fait que mes routes sont aussi belles et lumineuses, sombres peut-être, mais rayonnantes, créatrices et fécondes. Je n'ai plus cette frustration que tu ne parviennes pas à te libérer. Je n'éprouve plus cette frustration qui venait notamment de ton refus de m'ouvrir ton cœur, tes pensées, tes secrets. Je crois avoir compris que cette intimité qui est la tienne, tu la tiens en grande pudeur et tu ne la confieras jamais au grand jour, pas plus à moi qu'à un autre, pas plus à toi non plus. Nous sommes différents. Et finalement c'est simple. C'est simple car nous sommes différents, totalement différents, mais nous savons nous accorder parfaitement. J'aurais pu en aimer une autre différemment. J'en aimes d'ailleurs d'autres différemment. Mais cela ne vient plus ternir ce que nous sommes, ce que je ressens pour toi, ce que je vis dans mon quotidien. Nous sommes différents et nous ne nous rejoindrons qu'en pointillés, et pourtant c'est déjà beaucoup, c'est bien, beau et bon. Cela me suffit. Cela est une partie de moi. D'autres parties de moi existent, plus tout à fait dans l'ombre, d'autres parties de moi explorent d'autres dimensions avec d'autres sans qu'elles ne rompent le lien avec la partie de moi qui est avec toi. Cette partie qui a construit les prémices d'autres vies, qui construit notre vie au quotidien. Ce que j'écris là tu ne le liras jamais. Tu ne saurai le comprendre et l'accepter. Peut-être le sais-tu tout cela, peut-être est-ce présent pas très loin. Peut-être te dis-tu « c'est ainsi ». Peut-être en as tu peur et l'étouffes-tu. Peut-être est-ce l'une de tes phobies. Je ne le saurai jamais. Tout ce que je sais c'est que je suis bien avec toi. Sans honte, sans peur de celui que je suis, sans peur de te montrer cet homme que je n'acceptais pas, celui qui peut t'aimer et baiser comme je l'ai fait tout à l'heure, avec une certaine dépravation gourmande et passionnée, toujours avec des couleurs, un regard et un sourire doux jamais très loin. Elles sont belles toutes ces parties de nous. Elles nous font être. J'ai envie de te dire que je t'aime. Tout simplement. Je t'aime.