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La jeune femme et la mer

Chaque matin à 8h, je la vois. Je prends mon café, toujours assis sur le même banc, profitant de la vue sur la mer de Corail avant de débuter ma semaine de travail. Elle est toujours vêtue de la même façon. Il n’y a strictement aucune variation dans sa façon d’être vêtue. Un short qui délimite le haut de ses cuisses sans chercher à mettre en valeur son cul. Un short de gamin de cours d’école, rien de moulant, tout à son aise dans les mouvements. Elle porte toujours une petite veste façon k-way à manche courte d’un bleu plus foncé que son short. Il n’y a là aucune trace de la moindre tentative de séduction. Le vêtement est là parce qu’il est pratique, il protège de la petite brise en ces heures matinales qui ne sont pas encore tropicales. J’observe son étrange et simple balais du lundi. Il y a dans ma contemplation une sorte de rêverie qu’elle crée par sa seule étrange présence. Quelque fois, je ne la vois pas arriver, le nez plongé sur l’écran de mon téléphone, absorbé par mes lecture…
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Monologue culilingue (mots fichés en terre cul)

Mes cuticules vacillent en de fragiles terres cuites qu’aucune langue culilingue ne saurait acculturer ah votre petit trou de cul voyez comme je cultive et accule la terre séculaire qu’occulte si bien votre fente so cute qui par petite incision au cutter finira bien par devenir mon cup cake aux couleurs de cuir noir comme un thé dans lequel vous buvez mes couleuvres couleurs que j’écoule bleu curaçao dans votre écu ouvert grand et sombre je viens fondre mon écusson d’étain en votre coeur succube j’ai gravé sur l’écriteau les profondeurs qu’offrent les cinq lettres de ma queue celles que vous convoquez dans vos songeries cumulus où s’amassent nos vécus nos recueils d’accus jamais ne nous permettront d’être vaincus seuls et sans cul je le sais oui je le sais majuscule vous êtes majesté éjaculatoire hermine douce sucrée par vos sucs je jute souvent sous ma jupe d’Écosse relevée sur vos cuisses causses impasse éculée occupée à de sylvestres lagunes lacune il n’y en a qu’une comme vous qu’…

Revoir les orties

Il n'y a pas d'orties ici. Pourtant, je les cherche, parfois je crois en déceler. Mais il s'agit toujours d'une autre plante.
Je crois que cela me manque, c'est comme les bruyères et les genêts.
Leurs parfums qui irriguent le paysage, qui me rattachent à mon histoire. Ce sont des images de mon enfance.
Paysages de rocailles, de côteaux en cette vallée de l'Eyrieux dont je ne connais finalement que quelques bouts. Paysages de plateaux du Vivarais pour sa fraîcheur et ses prémices du gerbier ou du Mézenc. Ce sont des souvenirs d'un autre temps, comme les tapis de violettes sous le sous bois, en bordure de la vallée du Rhône, sur les premières pentes du massif central.
J'ai du ici, oublier. Oublier de couper un genêt pour en faire un fouet. Oublier de saisir quelques tiges drues, quelques bouquets vert. Oublier d'hésiter entre les cuisiner pour mes hôtes du soir, où les réserver pour un moment à moi. Je suis nue. Tout proche coulent les sources. Voilà p…

Les silences coupables

Parfois, je me demande ce que je fais ici. Parfois, j'ai envie de pleurer. Un peu comme là, maintenant. Je pleure aussi. Mais pas maintenant. Je me suis sans doute trop mis en danger en choisissant ce job qui me fait perdre nombre de repères. Plus tard, et parfois aussi déjà, je me dirai, c'est bien tu as beaucoup appris. Je le dirai en étant intimement convaincu. Parce qu'on oublie vite. Je viens de lire quelques extraits de vie d'une femme masochiste. Elle raconte ce qu'elle a pu vivre et ressentir en peignant ses mots d'une belle tendresse. Oui, masochisme et tendresse. Cela me parle sans que je ne sache vraiment pourquoi, peut être pour les moments réellement partagés avec des personnes qui croisent notre chemin, s'y attardant ou pas.

Il est 2h13 du matin, ici. J'ai bien dormi jusqu'à minuit 45. Ensuite les pensées travail m'ont assiégées, cette tension dont je n'arrive pas suffisamment à me départir. Le ventre tendu, la boule au ventre …

On dirait qu'ça pleut

On dirait qu’ça pleut
On dirait, on dirait qu’ça pleut bien
On dirait qu’ça pleut
On dirait, on dirait qu’ça pleut bien

Mais ça pleut quoi ?
Ça pleut de la joie
Ça pleut ici, ça pleut chez moi
Qui l’eut cru ? Moi je le crois
Elle est venue, jusqu’à mon toit… Ouais

On dirait qu’ça pleut

Au café de l'ancre noire

Je cherche mon chemin. Je n’ose plus demander aux quelques personnes que je croise désormais à cette heure de la nuit, il fait froid, un vent glacial souffle sur mon visage provoquant quelques larmes sous mes joues et des tremblements sur ma peau. Vous m’avez écrit « Rendez-vous au café de l’ancre noire. 21h. Ne soyez pas en retard ». Je vais être en retard. Je me suis perdue dans cette ville que pourtant je croyais si bien connaître. Serez-vous toujours là lorsque je trouverai enfin l’adresse ? Si je la trouve... Je me suis rendue au pied de l’ancre noire. J’étais en avance, 20 minutes de marge pour prendre le pouls du lieu, m’assoir à une table, scruter l’entrée et tenter de deviner votre visage que je ne connais pas sur chaque personne qui poussera la porte de l’entrée. J’avais tout prévu. Ou presque. Une fois sur les lieux, point de café ! Une vitrine, de vieilles maquettes de gréement, beaucoup de poussière, un rideau baissé qui ne semblait pas avoir bougé depuis des générations…