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Mon sourire était de fraise

J'ai accroché hier des ferises à nos orteils Et ton sourire brillait comme le sucre sur les ceraises de la veille N'accroche pas trop, sans quoi, sans foi, je finirai par te proquer, t'ébouracher, t'amouriffer Les mots me manquent ils s'évappent, s'échadent, s'en vont voler trois francs Six sourires venus du Pacifique par paire de griffe Frerrant dix sissons au creux de nos échines Il y a des mots qui fondent l'amante religieusement, qui luisent dans le jour, et fuient dans la nuit Laisse-toi entorper, laisse le te chariver, t’entouver, t'effouter Souffle donc sur mes baises et braise moi de tes fièvres lévreuses J'ai accroché hier des cerises sur tes oreilles Et mon sourire était de fraise
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L'envol des papillons bleus

J'ai rencontré Sophie pour la première fois lors d'une journée d'inscription à la fac dont je me souviendrai longtemps. A l'époque, point d'APB, point de parcoursup. Mieux ou moins bien ? Je ne sais pas. Les années passant, on a un peu trop tendance à imaginer que c'était mieux à notre époque. Je crois que toutes les époques se vivent au présent, et si l'on commence à trop penser passé, c'est que l'on est un peu moins bien dans notre présent. Ce jour là, j'avais fait le trajet en train, en prenant bien soin de ne tendre aucunz perche à ma mère afin d'éviter de lui donner un prétexte pour m'accompagner en voiture à Grenoble. Imaginez donc, 18 ans, et l'opportunité de prendre mon envol seule, loin de ma petite Ardèche où trop de choses me semblaient écrites par avance. Non, non, non, ma petite maman, pas la peine de passer cette journée avec moi. Tu peux rester au magasin avec papa, tu sais, je suis majeure désormais. Bref, c'est …

La mer au calme (Hémérocalle)

Au sillage du val s'étale le dédale persillage sans cale pour l'affable équipage plage en nage de l'aimable langage ce massage s'enlace et s'affale en rafales ou s'enchâsse dans la passe des sucs et des lacs infantile Ariane fille liqueur pour l'enfantillage mâle page blanchâtre au passage fleuri des pétales s'enlacent

Le refuge des bêtes

Entends-tu ? Entends-tu ces bruits ? Je les reconnais. Ce sont des râles, des râles de bêtes fauves. Des sacres d'hiver, des fins de saisons s'acheminant vers ce néant qui m'engloutit quand je te baise. Baise. Baise. Susurre moi ce mot là. Baise. Lèche le sans fin, lisse mes poils avec, caresse moi de tes jolies pates tachetées de lumière. Dépare moi de ma mue. Entends-tu ces mugissements de diable ? A chaque étreinte de ton corps, les voilà qu'ils se révèlent, qu'ils se réveillent. Je t'ai prise comme un diable, j'ai fourré ton con de ma queue drue et luisante. J'ai blanchi ton tréfond et rougi ta peau. Mordu ton cou tandis que je labourai ton cul. Je perds la raison à trop te malmener. Est-ce toi que j'aime ? Est-ce te malmener que j'aime ? Baise vitriol, heures volées à la nuit avant même qu'elle ne tombe sur nous et nous engloutisse.
Je ne marche plus dans la rue. J'ai peur du regard des autres. Je préfère m'enfuir à la nuit tombé…

La jeune femme et la mer

Chaque matin à 8h, je la vois. Je prends mon café, toujours assis sur le même banc, profitant de la vue sur la mer de Corail avant de débuter ma semaine de travail. Elle est toujours vêtue de la même façon. Il n’y a strictement aucune variation dans sa façon d’être vêtue. Un short qui délimite le haut de ses cuisses sans chercher à mettre en valeur son cul. Un short de gamin de cours d’école, rien de moulant, tout à son aise dans les mouvements. Elle porte toujours une petite veste façon k-way à manche courte d’un bleu plus foncé que son short. Il n’y a là aucune trace de la moindre tentative de séduction. Le vêtement est là parce qu’il est pratique, il protège de la petite brise en ces heures matinales qui ne sont pas encore tropicales. J’observe son étrange et simple balais du lundi. Il y a dans ma contemplation une sorte de rêverie qu’elle crée par sa seule étrange présence. Quelque fois, je ne la vois pas arriver, le nez plongé sur l’écran de mon téléphone, absorbé par mes lecture…

Monologue culilingue (mots fichés en terre cul)

Mes cuticules vacillent en de fragiles terres cuites qu’aucune langue culilingue ne saurait acculturer ah votre petit trou de cul voyez comme je cultive et accule la terre séculaire qu’occulte si bien votre fente so cute qui par petite incision au cutter finira bien par devenir mon cup cake aux couleurs de cuir noir comme un thé dans lequel vous buvez mes couleuvres couleurs que j’écoule bleu curaçao dans votre écu ouvert grand et sombre je viens fondre mon écusson d’étain en votre coeur succube j’ai gravé sur l’écriteau les profondeurs qu’offrent les cinq lettres de ma queue celles que vous convoquez dans vos songeries cumulus où s’amassent nos vécus nos recueils d’accus jamais ne nous permettront d’être vaincus seuls et sans cul je le sais oui je le sais majuscule vous êtes majesté éjaculatoire hermine douce sucrée par vos sucs je jute souvent sous ma jupe d’Écosse relevée sur vos cuisses causses impasse éculée occupée à de sylvestres lagunes lacune il n’y en a qu’une comme vous qu’…

Revoir les orties

Il n'y a pas d'orties ici. Pourtant, je les cherche, parfois je crois en déceler. Mais il s'agit toujours d'une autre plante.
Je crois que cela me manque, c'est comme les bruyères et les genêts.
Leurs parfums qui irriguent le paysage, qui me rattachent à mon histoire. Ce sont des images de mon enfance.
Paysages de rocailles, de côteaux en cette vallée de l'Eyrieux dont je ne connais finalement que quelques bouts. Paysages de plateaux du Vivarais pour sa fraîcheur et ses prémices du gerbier ou du Mézenc. Ce sont des souvenirs d'un autre temps, comme les tapis de violettes sous le sous bois, en bordure de la vallée du Rhône, sur les premières pentes du massif central.
J'ai du ici, oublier. Oublier de couper un genêt pour en faire un fouet. Oublier de saisir quelques tiges drues, quelques bouquets vert. Oublier d'hésiter entre les cuisiner pour mes hôtes du soir, où les réserver pour un moment à moi. Je suis nue. Tout proche coulent les sources. Voilà p…