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Affichage des articles du janvier, 2010

Born on 75

T’es un coquin toi ? Tu veux jouer au docteur ? Hmmmm… oui c’est ça, laisse toi faire.  Je vais t’ausculter. Ne crains rien, ma main est aussi douce que de la soie et aussi experte que celle d’Hendrix. Voilà, c’est bien, oui comme ça… Mais dis-moi !!! Qu’est-ce que tu es tendu !!! Je vais te détendre, ne t’en fais pas. Ca c’est ce que j’appelle un beau service. Je crois que je peux faire quelque chose pour toi. Franchement tu as de la chance d’avoir une voisine comme moi. En plus j’ai invité ma copine, elle te plaira. Hmmmmm, hmmmmm, ohhhhh…. Ouuuu il fait chaud ici. Je me déshabille, ça te dérange pas ?

Ding Dong… Ding Dong…

Ce doit être Joy, ne bouge pas Bradley, je vais lui ouvrir la porte.

(En aparté) Salut ma belle, tu es Ma gni fique ! Il faudra que tu me dises où est-ce que tu as trouvé ce beau bijou. C’est Robert qui te l’a offert ! (Gloussement). En tout cas, tu as bien fait de passer, Bradley est chaud comme de la braise. Toi aussi ? Alors c’est parfait, on va bien s’amuser…

Quelques jours

Quelques jours, juste quelques jours, juste ces quelques heures et pourtant… A peine 17 ans, je rentrais en terminale, elle en seconde. Instant du passage d’un monde à l’autre. C’était un mois d’août loin de chez nous. J’ai toujours aimé être loin de mes rivages, je m’y sentais plus libre, je pouvais être moi, loin de l’image que les autres et moi-même m’infligeaient. J’étais libre. Ces situations qui nous font pousser des ailes. Passer de l’enfant à l’adulte. Décider de ce que l’on souhaite. Voilà une semaine que nous étions là, comme chaque année à cette même époque. Je l’ai vue, elle, à l’arrière de la voiture de ses parents. Un espace de couleur verte. Je les ai vus arriver au camping le coffre plein à craquer, passer devant moi pour s’enfoncer dans le labyrinthe des îles ponctuées de caravanes, tentes et bungalows plus spacieux. Plus de seize années ce sont passées et pourtant… on n’oublie pas nos premières jeunesses. C’est comme le rythme d’une vague que l’on connaissait avant …

Marée haute

Dire les choses telles qu'elles étaient. Trop dur. Trop compliqué. Impossible. Est-ce que c'était lui ? Est-ce que c'était son père ? Pourquoi ils ne parlent pas ? Pourquoi ils ne se parlent pas ? Est-ce sa faute à lui s'il n'ose pas dire ce que lui dit son coeur ? Se construire sur des silences.

Des mots pour le quotidien, des mots pour le strict minimum. Communiquer, dire juste ce qu'il faut dire. Dire oui, jamais non. Surtout ne pas dire ce qu'il ressent. S'il dit, il va pleurer. S'il dit, tout va déborder. Marée haute. S'il dit, il décevra. S'il dit, on ne l'aimera plus. S'il dit, il dira ce qui est triste. Il n'aime pas ce qui est triste. Il n'aime pas rendre les autres tristes. Il ne veut pas les décevoir. Alors il décide en silence qu'il ne sera pas triste, qu'il ne décevra pas, qu'il ne dira pas. Croire que ne rien dire suffit à se comprendre. Le même sang. Le même amour. La même terre. Croire en cela. Cr…