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Affichage des articles du décembre, 2013

Ma délicatesse

Je ne suis pas convaincu par le titre, une idée de titre pour ce texte ("Cocaïne" étant déjà pris) ? Je suis debout, face à la glace. Le pantalon de mon costume tombé en vrac sur mes chevilles. Une masse de coton et soie couleur moka contrastant avec le cuir noir de mes chaussures italiennes. Le slip baissé légèrement de façon à laisser sortir mon sexe tendu et chaud. Le haut tranche avec l'urgence du bas. Veste identique au pantalon, chemise blanche, cravate élégante teintes jaunes, chocolat et entre-fils bleutés. C'est moi. Le parfait chief officer. En apparence lisse. En réalité parfaitement défroqué. Nous sommes un peu tordus tu me diras. Je ne sais pas, moi j'aime nous faire plaisir. J'aime lorsque nous jouissons l'un et l'autre à l'imprévu, en parallèle en décalage ou de concert.

Juste quelques mots qui nous font vite basculer. J'entends derrière la porte le va et viens de collègues en uniforme. Ils ne savent pas, et c'est tant mieux. …

Une vieille maîtresse

Extraits du roman de Jules Barbey d'Aurevilly - Une vieille maîtresse :

Plus d’une fois, pendant le souper, je lui adressai la parole, mais elle s’arrangea toujours de manière à ne pas me répondre directement, et cela sans aucune affectation. Était-ce taquinerie coquette ? Ressentiment ? Antipathie ? Quoi que ce pût être, cela me jetait dans une irritation secrète qui produisait les transes de l’amour mêlées aux frémissements de la colère. Avec des riens, elle me soulevait. Je devenais insensé à côté d’elle. Tiré à deux sentiments contraires, ivre de rage contre cette femme qui parlait à tous, excepté à moi ; qui s’occupait de tous, excepté de moi ; sachant qu’après tout, ce n’était là pas beaucoup plus qu’une courtisane, entraîné par une violence de sensation que je ne connaissais pas et par une conversation qui stimulait et justifiait bien des audaces, j’osai prendre son verre pour le mien.
J’avais soif de la trace de ses lèvres que j’eusse retrouvée aux bords du verre dans lequel…

Rendre l'âme

Je suis à l’heure, sans avoir vraiment cherché à l’être. Je ressens en moi une impression apaisante, une simplicité palpable. Je t’attends. Je me suis vêtue comme tu me l’as demandé. Une robe ample, très sage, très douce. J’ai relevé ma coiffure pour élever un beau chignon et dénuder ma nuque. Les cheveux tirés vers l’arrière donnent à mon visage l’expression d’une nature simple, dépouillée de tout parement. Mes lèvres sont vierges de tout fard, mes yeux libres de regarder cet entre soi où ce lieu me convie à chaque fois. Je me suis trouvée belle tout à l’heure en voyant mon reflet dans la vitrine d’un magasin. C’était une vision fugace, je n’ai guère eu le temps de me détailler, ma silhouette dégageait une belle énergie, des couleurs chaudes, une démarche douce et mon sourire aux lèvres.
Je t’attends sans véritablement t’attendre, toujours avec ce même sourire. Celui qui est certain que tu seras là, bien que je ne sache pas si tu viendras réellement. Après tout, tu n’as rien précisé. …

Cocaïne

Cocaïne, craving coke, like a shoot.
Non. Pas moyen de s’en défaire. La queue tendue. La main volubile. L’insomnie et toi  en ligne de mire. Toi sous toutes les formes. Petite et grande focale. Du flou au net. Du lourd, de la bite dure, chaude, remuante. Il fait chaud là-bas dessous. As-tu idée ? Non. Je ne crois pas. Je caresse mes bourses. Epilées. C’était bon, bouillonnant, turgescent. Cette chaleur qui sourde, qui frissonne, se diffuse et vient caresser. Je me touche souvent.
Self shooting érotique.
Je suis cocaïne. Tu n’imagines pas.
Un bon shoot.
Sans m’en cacher. Metteur en scène. Je te la mets. Où tu veux. Où je veux. Ma langue. Ma main. Mes dents. Mon pouce. Mon majeur. Ma bite comme un rail. Jusqu’au déraillement. Le grand express, exprès pour toi. Tu te dérobes. Je ne montre rien. Peut-être que je ne sais pas dire. Mais je sais rêver. Toi aussi. Je sais où est la ligne. Celle de tes lèvres épaisses. Celle que dessine ton regard qui ne dissimule rien. Celle qui fend ton cul. Cel…