jeudi 9 septembre 2010

Sangre

J’ai peur de souffrir, j’ai peur d'avoir mal. La lame est entre ses mains. Et ce sont mes craintes qui se dissolvent, brulées par l’acide propulsé par mon cœur. Lâche il y a peu, serein désormais, comme une mer enfin apaisée, comme un lac clos. La lame se déplace, elle la pose sur ses doigts, et je regarde Mara, ma Reine. Agenouillé, absorbé par la magnificence de cette femme que je chéris plus que mon souffle. La pulpe de ses doigts est fine, elle est douce sur ma peau tant ses mains peuvent me cuire. La lame se met en mouvement, un geste décidé, maîtrisé, net et précis. Instantané. Une fine rizière de sang, elle afflue de ses doigts avivés. La vie coule. J’observe le rouge, il se propage, je contemple comme l'on regarde le rivage, présent et absent. Ma main se tend. Elle la prend. Pose la lame sur les extrémités de mon corps. Pulpe épaisse et sale de mes journées de galère. Elle coupe, glisse, coupe la chair. Ma vie est à nue. Elle est à mes côtés, agenouillée tout comme moi. Sa langue cicatrise la plaie, lèche le sang qui s’enfuie de ma main. Elle me soigne. Me nettoie. M’aime. Un baiser de sang pour faire prendre corps, prendre forme, esquisser nos vies jusqu’à nos morts. La chaleur de ce sang, pour enfin nous aimer. Échanger nos vie, les couler l’une dans l’autre. Mêler nos chairs. Noyer nos vie dans ce baiser de chair et de sang. Nos peaux changent, colorées, nuancier rouge arco iris. Je sens la vie qui me propulse, pulser en moi. Cicatrices réceptacles. Un amour intuitif inauguré au sceau de nos baisers sanguins. Ivre d’absynthe, comme une potion, pénétrant les chairs, inondant nos tissus. Dans ces rêves, nous vivons tous.

Silverdustedtwilight

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